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Alpine entre en piste, saison 1965.

Riche d’une saison d’expérience, auréolée d’un titre de champion de France, Alpine souhaite en cette fin 64 passer la vitesse supérieure pour la saison 65. En F3, pas moins de 8 voitures vont être mises en construction pour satisfaire les clients. Jean Rédélé imagine, tel en rallye, devenir la référence française dans le monde de la monoplace. Il rêve de voir en masse du « bleu » sur tous les circuits. Histoire de donner ses lettres de noblesse à Alpine débarrassée de son rival Bonnet, il va poursuivre son effort en F2. D’autant plus gonflé à bloc qu’il vient d’obtenir en exclusivité la fourniture du nouveau moteur Gordini (T58) par Renault. Un beau cadeau qui s’avérera empoisonné…

Championnat en poche, Alpine va pouvoir désormais plus facilement se lancer dans la commercialisation de sa F3. Ainsi dès le Salon de Paris et de l’Enfance, les clients peuvent passer commande. Exposée pour l’occasion, la monoplace numéro de châssis 1752 a subi un lifting intégral (châssis et carrosserie repeints). Selon l’équipement le prix varie de 20 000 à 23 000 frs pour une livraison prévue début mars. Jean Rédélé a bien l’intention de rentabiliser son investissement et fait feu de tout bois pour convaincre de futurs clients. Ainsi Shell qui propose de gagner deux monoplaces F3 pour la saison 1965, l’une pour la France et l’autre pour l’Europe, choisit Alpine comme fournisseur. Des écuries (Armagnac, Méditerranée) et même des pilotes privés (Dalmas, Astruc) emboitent le pas.


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Recto et verso du descriptif de la F3. Etonnant ce choix de 3 boites! Tarif pour le moins flou...


En plus de la fourniture de ces F3, Alpine doit aussi faire évoluer ses F2. Après s’être affranchi de la concurrence de René Bonnet désormais sous la tutelle de Matra, Jean Rédélé vient d’obtenir la fourniture exclusive par Renault du futur nouveau Gordini double arbres à cames (type 58) pour ses Prototypes et ses F2. Parti d’une feuille blanche, Amédée Gordini dessine un nouveau bloc moteur incliné qui va nécessiter une implantation entièrement revue. Du travail en perspective ! Pendant l’inter saison les ateliers d’Alpine ne vont pas chômer !

Dans les périodes fastes, Amédée Gordini, toujours plus enclin, cigarettes aux lèvres, à « taper le cartons » en charmantes compagnies qu’à s’affairer dans ses ateliers, prend comme à l’accoutumée un sérieux retard. Tant et si bien que début avril, alors qu’aucun moteur F2 n’a encore tourné au banc…Georges-Michel de l’auto-Journal n’hésite pas à titrer :

L’alpine en danger à Pau : le nouveau moteur Gordini est bien trop jeune…Il poursuit : Admettez que l’on vous demande le 1er Avril de vous astreindre à un entrainement intensif pour affronter trois semaines plus tard Michel Jazy sur 1500 mètres ! Vous penseriez à un canular…Eh bien vous auriez tort. C’est en effet le tour de force, de gageure, d’acrobatie, ou de folie – appelez çà comme vous voulez – que vont tenter Gordini et Alpine pour courir le 25 avril le premier Grand Prix de France sur le circuit de Pau


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Le nouveau Gordini dit  « incliné » prend place dans la future voiture (#1764) de Henri Grandsire.


Pourtant chez Alpine, la préoccupation principale n’est pas à l’installation dans ses F2 du nouveau double arbres à cames T58 en lieu et place du Gordini T55. Le principal souci reste la livraison dans les délais, à ses trop nombreux clients, des nouvelles F3. Désormais tous les châssis sont fabriqués exclusivement dans les ateliers de Dieppe par le soudeur maison Martial Vallognes. Reconnaissable du Brabham par le diamètre du tube de sa structure (24,9mm au lieu de 25,7mm) et d’une circulation d’eau interne, ce châssis nécessite une bonne semaine de travail pour son assemblage. C’est Philippe Vidal, pilote officiel, qui prend livraison de la première voiture (# n°1758) le 1er avril. Alors que fin de saison 64, la numérotation s’arrête à 1755, voilà que l’on redémarre la saison 65 avec le n°1758 ! En manque d’éléments probants pour les n°1756 et 1757, nous espérons que cette publication suscitera des éclaircissements de lecteurs bien informés.


4 Avril : 10ème Coupe de Monza/F3


Premier et unique français classé, Philippe Vidal (# 1758) ne finit que 6ème (moteur manquant de puissance) tandis que suite aux nombreux abandons, Geki Russo place sa De Sanctis-Ford sur la plus haute marche du podium. Le même jour Denis Hulme (Brabahm-Cosworth) l’emporte à Oulton Park et Jim Clark engagé au 14ème Grand Prix de Syracuse parvient à hisser sa Lotus bien fatiguée en tête d’une course dominée par Joseph Siffert (abandon suite à un surrégime moteur)


11 Avril : Imola/F3


Dès la première manche une grande partie des concurrents sont éliminés dans un carambolage. En final, alors que Russo coiffe dans le dernier tour Adamich pour la victoire, Philippe Vidal place son Alpine (#1758) en 5ème position.


25 Avril : Gd Prix de Pau/F2etF3


Pour le début de la saison de courses, Alpine décide de frapper les esprits en présentant 10 monoplaces Alpine (2 F2 et 8 F3). Alors que pour les essais des 24h du Mans, la nouvelle M65 ne peut bénéficier, faute de préparation, du nouveau Gordini et doit se contenter du T55, les F2 devraient étrenner le T58. Un excellent test grandeur nature pour ce moteur.


  F2 :

Tous les spécialistes sont présents (Jim Clark, Jacky Stewart, Graham Hill, Gardner, Atwood, José Rosinski, Henri Grandsire etc.). La diversité des moteurs de leurs montures (Cosworth, B.R.M., Honda, Gordini) laisse présager, dès les essais, d’une belle bataille. Malgré tous les efforts du service course, Alpine ne parvient pas à terminer les deux monoplaces F2 destinées à Grandsire (#1764) et Vinatier (#1765) pour les essais du vendredi. Equipées du même type de châssis que l’année précédente (cf. nos études précédentes), motorisées par le nouveau moteur Gordini, elles diffèrent par le nombre de rapports de la boite de vitesse Hewland (6 pour Grandsire et 5 pour Vinatier). Des problèmes de lubrification de la chaîne de distribution pénalisent Grandsire qui accroche samedi le plus mauvais temps en 1’38’’, alors que Vinatier ne fait guère mieux (avant dernier) en 1’36’’6. Du fin fond de la grille, nos pilotes s’élancent à l’aveugle dans un brouillard pluvieux dû à une piste fortement humide. Dès le premier virage, alors que Clark, Stewart et Atwood s’envolent, le peloton est bloqué par le tête-à-queue de Gardner.

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Embouteillage dans le peloton, au fond (n°10) Vinatier évite de justesse la collision.


Grandsire réussit à se faufiler, mais au virage du lycée, alors que Jacques Maglia le repasse, il accroche sa roue arrière et l’entraine dans une figure peu académique créant un nouvel embouteillage ! A la fin du 1er tour, alors que Vinatier ferme toujours la marche, en 13ème position, Grandsire a gagné six places. Cependant son moteur cafouille, progressivement il perd du terrain et se retrouve au 5ème tour en dernière position. Contraint un peu plus tard à un arrêt au stand pour changer ses bougies, il ne réussit qu’à boucler trois tours supplémentaires avant d’être contraint à l’abandon sur rupture de boite. Quant à Jean Vinatier, il finira en 9ème position à tout de même 4 tours d’un Jim Clark intouchable.

 

  F3: 

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Alignement impressionnant d’Alpine F3 client et détail de la pipe spécifique d’admission.


Trente trois concurrents se sont présentés aux essais pour briguer les vingt cinq places disponibles. Pour l’occasion, pas moins de 8 monoplaces Alpine flambant neuves vont tenter de se qualifier. Sept d’entre elles sont identiques. La huitième, celle de Mauro Bianchi (#1766) bénéficie d’une préparation spécifique. Elle inaugure une barre stabilisatrice longitudinale et un moteur plus performant de 95cv. Seul Julien (# 1757?)victime d’une flaque d’huile ne pourra prendre, à bord de son Alpine, le départ de la course.

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Grâce à l’Auto Journal, les lecteurs peuvent découvrir cette étonnante disposition.


Les conditions climatiques se dégradent le dimanche. Par soucis de sécurité et compte tenu de l’inexpérience de certains coureurs, les organisateurs décident de réduire à 20 le nombre des partants. Une disposition qui ne pénalise aucun de nos pilotes. Au départ, sous une pluie battante, Monneret (#1755 ?) reste calé sur la ligne alors que Roy Pike auteur de la pôle position s’envole. Pendant les 35 tours de la course, le public va pouvoir se délecter des nombreuses cabrioles dues à une piste détrempée. Première victime de ces conditions : Pierre Monneret. Quelques tours plus tard Jean Audhuy de l’écurie Armagnac (#1760), puis Vidal (#1758 perte de pression d’huile) rentrent au stand et abandonnent. Pendant ce temps Mauro Bianchi (#1766), parti en 5ème position, passe Cardwell pour accrocher la seconde position. Mieux encore à trois tours de la fin, suite au double tête-à-queue du leader Pike lors du dépassement d’un attardé, Mauro Bianchi se retrouve dans son sillage à moins de 2 secondes ! Un fol espoir vient d’envahir les observateurs. Bien plus puissant, le Cosworth distance progressivement le Gordini et finit prudemment avec 4 secondes d’avance. Coutumière du fait, l’équipe Alpine réussit une fois de plus, une stupéfiante et imprévisible performance, confortée par la 5ème place de Jean Rolland (#1762 écurie Méditerranée), la 7ème de Beynac (#1761 écurie Armagnac) et la 9ème de Dalmas (#1763)…

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Folle remontée de Bianchi sur une piste délicate.


25 Avril : Coupes de l’U.S.A. de Montlhéry/F3


La concurrence du grand prix de Pau a considérablement réduit le nombre d’engagés (12 voitures). Weber inaugure l’Alpine (#1759) qu’il vient de gagner en remportant le volant Shell-France. Parti en deuxième ligne, il casse sa transmission dès le 1er tour au virage de la ferme. Seulement six concurrents passent la ligne d’arrivée. C’est finalement John Fenning sur Merlyn-Ford qui l’emporte devant Chambers et Bernusset.


2 Mai : Magny-Cours/F3


32 prétendants pour 24 places et une seule victime dans le clan Alpine : Abbal. Scindé en deux groupes disputant chacun une manche, c’est au temps réalisé que les meilleurs vont se qualifier pour la finale. Dans la première manche Jacques dit « Roby » Weber (#1759), le lauréat du volant Shell, part en « sucette » au 2ème tour et perd toute chance de se qualifier pour la finale. Audhuy (#1760) ne sera pas plus chanceux. Dans la seconde manche, Vidal (#1758) victime d’ennuis moteur aux essais fait une remontée spectaculaire pour accrocher la seconde place (5ème position en finale). Dalmas (#1763) victime d’un surrégime (tige de culbuteur pliée) finit sur 3 cylindres pour assurer sa 5ème place et une avant dernière position en finale, alors que Beynac (#1761) accroche une 7ème place éliminatoire.

Au départ de la finale Cardwel, positionné à droite en première ligne, éclate son pignon de 1ère . Bellasi, positionné deux lignes plus loin enjambe sa roue arrière gauche créant, heureusement sans encombre, la panique dans le peloton. Vidal (#1758), très à l’aise sur cette surface humide, passe en troisième position au second tour. Au troisième tour, trop généreux dans la courbe droite après les stands, il est contraint de prendre l’échappatoire. Impuissant, obligé de laisser passer tout le peloton, il repart en dernière position. Le voilà qui entame une incroyable remontée pour accrocher la 5ème place à un tour de l’intouchable et serré quatuor (moins de 2 secondes d’écart) composé dans l’ordre de Pike, Knight, Cardwell, Crichton. Jean Jacques Dalmas (#1763) finit 9ème dans le même tour.


9 Mai : Trofée Juan Jover/F3 à Barcelone


C’est sur le circuit de Montjuich que sont inscrits pas moins de quatre Alpine. Beynac (n°10 #1761) et Jean Audhuy (n°19 #1760) de l’écurie Armagnac sont forfaits, après les essais, pour la course. José Rosinski va piloter pour la seule fois de la saison une monoplace Alpine (n°11 # ?). Scotché sur la grille de départ de la 1ère manche, moteur calé, il ne parvient pas à s’élancer. Il faut dire que la mise en route de ce moteur extrêmement pointu nécessite une dextérité toute particulière. Mise en température à des régimes inavouables, arrêt, changement de bougies et départ impératif avant un abaissement trop important de la température moteur, sont les conditions indispensables à un bon départ. Dans la seconde série, José fait troisième. Juan Fernandez (n°16 # ?) se classe 6ème dans la 1ère manche et dans la seconde, moteur calé comme Rosinski, il ne parvient plus à s’élancer. Le classement final s’effectuant par addition des deux manches, aucun des deux n’est classé.

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José Rosinski en seconde ligne tout à gauche est calé dans cette 1ére manche.                                                                                          © Alex Vergers


9 mai : 3ème Grand-Prix de Zolder/F3


Dans la 1ère série Vidal (n°29 #1758) et Weber (# 1759) se qualifient pour la finale, alors que Slotemacker inaugure une transmission Variomatic Daf sur sa monoplace. Le lillois Lledo, pourtant engagé, ne sera pas présent. Et pour cause, le vainqueur surprise du volant Shell-Europe attend toujours avec impatience la livraison de sa monoplace ! Dans les ateliers Alpine, on a pris du retard. Stratégiquement Jean Rédélé doit faire des choix dans l’ordre de livraison à ses clients. Lledo, amateur sans passé sportif, sans structure, isolé, en fait les frais en étant le dernier servi.

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Heureux Dominique Lledo félicité par le jury/ Surprenante transmission Variomatic/Daf.


16 Mai : Grand Prix de Rome/F2


Organisé sur l’autodrome de Vallelunga, cette épreuve se dispute en deux manches de 30 tours avec addition des temps pour le classement final. Si Richard Attwood (Lola-Cosworth) l’emporte facilement devant Maggs (Lola-BRM), Mauro Bianchi (#1764), notre unique représentant, casse un triangle de suspension au troisième tour alors qu’il est en 9ème position. Sortant de la piste, il est contraint à l’abandon.


23 Mai : Gd Prix de Paris à Montlhéry/F3

Le vendredi, surprise, la Matra de Jaussaud, pas terminée, sans capot ni museau, effectue ses premiers tours de roues. Equipée du moteur Holbay, elle réalise une performance honorable et disparaît comme elle est apparue. Au terme d’une unique séance d’essais, les trois Alpine pilotées par Vidal (n°22 #1758), Dalmas (#1763), Weber (#1759), vont monopoliser la troisième ligne pour la course. Propulsé dès le départ en 4ème position, Vidal (#1758), handicapé par un freinage défectueux, cède au 11ème tour face à Knight. Un tour plus tard, il est contraint à l’abandon (radiateur bouché par de la paille soulevée par Courage lors de sa sortie de route à la chicane). Après avoir remonté 4 places, Dalmas, en manque de chance, recasse la tige de culbuteur changée après les essais…Régulier, Weber effectue une course sage est termine quatrième.


27 Mai : Monza/F3


Sur le petit circuit de l’autodrome de Monza, les deux manches qualificatives pour la finale du Trofée Vigorelli sont disputées sous une pluie diluvienne. Dans la seconde, Weber, (#1759) en terminant 11ème, ne parvient même pas à être retenu pour la finale. Maglia se qualifie sur une Alexis. Selon certaine source, il aurait couru la finale sur Alpine ? Erreur de retranscription ou fait réel…


30 Mai : 11ème Coupe de l’autodrome de Monza


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Trois jours plus tard, sur le circuit routier de 5.750 mètres, Weber (#1759) est bien décidé à prendre sa revanche. Si la première manche nous gratifie d’une belle lutte entre Courage et Ahrens, la seconde est largement dominée par Williams. Facilement qualifié pour la finale, Weber, après être passé en 9ème position au premier tour, entame une folle remontée. En lutte avec Brambilla, il finit par prendre le dessus pour finir 4ème en 59’2’’ derrière l’intouchable duo Williams-Courage (au coude à coude durant toute l’épreuve) et Ahrens.


29 MAI : Monaco/F3


Alors que l’an passé, Alpine avait réussi à convaincre le champion du monde Graham Hill à piloter l’une de ses voitures, voilà qu’elle récidive cette année avec le grand champion Willy Mairesse. Pilote officiel Ferrari de 1960 à 1963, il est en quête d’un nouveau statut officiel. Comment mieux rebondir dans sa carrière de pilote qu’en réussissant un exploit sur le plus mythique circuit du monde devant tous les acteurs de la F1. Voilà sans doute ce qu’à dû lui souffler à l’oreille le compatriote belge Mauro Bianchi tout acquis à la cause Alpine. Ainsi, il n’hésite pas à lui proposer de piloter une Alpine F3 flambant neuve…certes modeste, mais pourtant bien capable de créer une énorme surprise… !

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Gonflée à bloc, l’équipe Alpine, désormais en concurrence avec Matra qui débute enfin sa saison de courses F3 (Jaussaud et Offenstadt), engage pas moins de six monoplaces. Trois directement par l’usine : Willy Mairesse (#1767), Philippe Vidal (n°41 #1758), Mauro Bianchi (n°47 #1766) et trois par des privés : Jean Rolland (#1762), Monneret (#1755 ?) et Jean-Jacques Dalmas (#1763). Dès les essais ce dernier, équipé d’un moteur spécialement mis au point par Renault en lieu et place du classique Moteur Moderne, doit se battre avec un ralenti moteur réglé trop haut (4000tr/mn). Sur la piste mouillée, il va finir par se faire surprendre par une accélération intempestive et tape dans un rebord du trottoir. Le choc est si violent que le châssis plie et la boite de vitesse casse. Non qualifié, s’en est définitivement fini pour lui. Monneret, peu à l’aise sur ce circuit, conscient de ses faiblesses prête sportivement sa voiture à Henri Grandsire. Bien que physiquement diminué, ce dernier va réaliser d’honnêtes performances tout au long de ce week-end monégasque.

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Contraste saisissant : Grandsire figé en pré-grille, Henri Gauchet au volant de #1766 en pleine rue !


A l’issu des essais, les concurrents sont partagés, par tirage au sort, en deux séries. Dans la première, dès le départ des hostilités, Mairesse prend la tête et réalise le meilleur tour en course 1’42’4. Il reste en tête jusqu’au 7ème tour. En proie à un problème d’avachissement des ressorts de soupapes, son moteur commence alors à perdre de la puissance. Il finit 5ème de la 1ère série devant Vidal 7ème et Grandsire 9ème.

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L’emblématique circuitde Monaco(3147m). Vidal(n°41) devant Grandsire(n°46) au gazomètre.


Dans la seconde série, après avoir cassé un culbuteur dès le 1er tour, Jean Rolland, est contraint à un arrêt au stand pour réparer. Il repart bon dernier pour finir 12ème ne parvenant pas à se qualifier pour la finale. Mauro Bianchi, qui avait cassé son moteur dès son troisième tour d’essai, donnant ainsi du travail supplémentaire à ses mécaniciens, ne s’élance que de la 7ème ligne. Plein d’allant, il pointe en 9ème position à la fin du 1er tour, puis 8ème au 3ème tour, 5ème au 5ème tour et enfin 4ème au 10ème tour. A l’avant Bob Bondurant, débutant dans cette discipline sur la Cooper BMC de Ken Tyrrel, rejoint au 12ème tour le leader Pike (Brabham-Cosworth). Deux tours avant l’arrivée, roues dans roues les deux protagonistes s’accrochent à l’hôtel de Paris. Ils voient passer pour la victoire Revson suivi de Mauro Bianchi qui finit à une inespérée seconde place.

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Toujours Vidal devant Grandsire


.Les 11 meilleurs temps des deux séries sont qualifiés pour la finale. Ainsi Mauro hérite pour le départ de la troisième ligne, Mairesse de la quatrième, Vidal de la cinquième et Grandsire de la septième. Au départ Revson sur la Lotus de Ron Harris prend l’ascendant, alors que Bianchi conserve sa 5ème position, suivi comme son ombre par Willy Mairesse. Très réguliers, ils vont finir dans cette position. Vidal, malgré un moteur en perte de puissance sur la fin de course termine 8ème. Grandsire qui se remet de ses brulures à la Targa Florio, parvient au prix d’un véritable effort physique à accrocher la 10ème place.


.6 Juin : Course de cote Mont Ventoux


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Vidal (#1758) remporte facilement la classe F3 en 12’15’’6 tandis qu’Hermann, brillant vainqueur réalise 11’16’’5 avec la toute nouvelle Abarth 2000 OT.


6 Juin : Gd Prix des Frontières à Chimay /F3


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On distingue très nettement le système de barre antiroulis (av.ar.) de la monoplace de Mauro Bianchi.


Seulement 22 pilotes sur les 47 engagés vont prendre part au Grand-Prix des trois Frontières sur le circuit de Chimay en Belgique. A l’issue des deux manches, 15 concurrents sont retenus pour la finale remportée par Cradwell suivi de Williams, tous deux sur Brabham-Cosworth. Mauro Bianchi (n°9 #1766) et Weber (n°31 #1759) accrochent respectivement les 6ème et 8ème positions. Lledo (n°30 #1767) qui vient enfin, après un coup de gueule de Shell, de toucher sa voiture toute de jaune vêtue, ignore qu’elle a déjà une course dans les jambes ! Ceci ne l’empêchera pas de finir 10ème à un tour

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13 Juin : Grand-Prix de La Châtre/F3


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Dès le départ de la 1ère manche Vidal (n°4 #1758) en 4ème position à la lutte avec Irwin, Beltoise est contraint à l’abandon. En plus de souffrir d’une température d’eau élevée, il vient de casser son câble d’accélérateur. Weber (n°14 #1759) termine 4ème de cette manche à 1 tour. Au départ de la finale, tous les concurrents y compris Weber, se retrouvent bloqués dans un embouteillage au premier virage, alors que Moser, parti en tête, s’envole. Comme Vidal, sa monoplace victime des mêmes symptômes, il est contraint à l’abandon.

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Weber en pleine action.


20 Juin : Course de Côte d’Arry


C’est en local que le pilote messin Weber (#1759) engage, sans doute pour faire plaisir aux organisateurs, sa F3 à la course de côte d’Arry. Il y réalise le 3ème temps scratch terminant premier des monoplaces en 41’’ sur ce rapide tracé peu technique


27 Juin : 51ème Gd Prix de l’A.C.F./F3


Magny-Cours souffrant de la concurrence de Monza ne parvient pas à rassembler plus de 17 voitures pour sa course de F3. Bianchi réalise le quatrième temps des essais, Jean Rolland (n°96 #1762) le 8ème et Beynac (#1761) l’avant dernier. Dalmas (#1763) et Vidal (n°62 #1758) victimes d’une sortie de route ne prendront pas le départ. Au baisser du drapeau, Bianchi maintient sa 4ème place. Beltoise et Jaussaud viennent d’abandonner, Hitchcock est parti en tête-à-queue. Saisissant sa chance, Bianchi prend la tête de la course. A 2 tours de la fin, il se fait déborder par Hitchcock revenu comme un avion. Irwin dans son sillage en profite pour « sauter Bianchi » et prendre la 2ème place. Jean Rolland accroche une 5ème place et décide d’arrêter la compétition en monoplace. Vidal, déçu souhaite en faire autant, il finira sous la pression d’Alpine par se raviser.

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Bianchi à pris la tête devant Stiller Irwin et Hitchcok.


4 Juillet : Grand-Prix de Reims / F2 et F3

  F2:

Tout le gratin des pilotes de F2 a répondu présent pour ce grand-prix. On attendait beaucoup du moteur Honda et de sa fantastique puissance. Des ennuis d’allumage et d’injection vont contraindre Jack Brabham à ne pas l’utiliser en course. Le Gordini n’est pas plus à la fête, souffrant lui aussi d’un défaut d’allumage. Guichet (n°20 #1765) et Grandsire (n°18 #1764), nos représentants Alpine se retrouvent, à la suite des essais, en queue de peloton, respectivement à 6 et 10 secondes de Rindt. Réduit au rôle de spectateur lointain, au tiers de la course, toujours en proie à des problèmes d’allumage, Grandsire est contraint à l’abandon. Après 19 tours, Guichet, lanterne rouge, a du mal à suivre la cadence. Il ne parvient pas à franchir la ligne d’arrivée, lui aussi victime d’un allumage défaillant.

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  F3 :

L’équipe Alpine espère réaliser une bonne performance à Reims. Arrivée très tôt et en force pour les essais, l’équipe Alpine prend le temps de faire des tests de pneumatiques. Finalement les deux frères Bianchi, Mauro et Lucien seront équipés de Dunlop R7 550 à l’arrière et 500 à l’avant.

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Plus à l’aise avec cette monte Lucien réalise le 9ème temps. Mauro, avec le 13ème temps est même dominé par le privé Weber (#1759, 11ème temps). Si Monneret (n°75 #1755, 15ème temps) n’est que 2 secondes derrière Mauro, Beynac (#1761, 21ème temps) accuse 11 secondes de retard et plus de 15 secondes sur le leader Cardwell. Peu d’espoirs pour nos Alpine, pourtant au passage devant les stands à la fin du premier tour, Weber pointe en 4ème position ! Au deuxième tour le voilà second derrière Courage suivi de Reggazoni et Fennig ! Incroyable au troisième tour le voilà en tête. Au 5ème tour, désormais en aspiration derrière Beltoise qui vient de prendre la tête avec sa Matra, Weber l’accroche, perd du temps. Dans la montée de La Garenne, un piston se « fait la malle » et l’espoir de voir briller une Alpine s’envole avec son abandon. En effet les voitures d’usine des frères Bianchi sont à la peine. Ils finiront 5ème et 6ème à plus d’une minute et 7 secondes d’un étonnant vainqueur : J.P. Beltoise (Matra). Tandis que Monneret (11ème à 2’33’’) et Beynac (14ème à 2 tours) complètent le classement Alpine. Son principal rival, Matra, vient de marquer les esprits et Jean Rédélé a du souci à se faire…

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Mauro Bianchi (n°3) aspire son frère dans la ligne droite des stands.

 

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11juillet : Grand-Prix de France de Rouen les Essarts/F2 et F3

  F2

Ciel couvert et léger vent, telles sont les conditions météorologiques que doivent affronter au départ les 23 concurrents. Au fin fond de la grille en 17ème et 19ème position Grandsire (n°20 #1764) et Lucien Bianchi (#1765) ne se font guère d’illusions. Ce dernier, sait qu’il n’ira pas loin. En effet lors des dernières vérifications de son moteur, les mécaniciens ont trouvé de l’eau dans l’huile. Verdict : un goujon de culasse cassé et abandon dès la fin du premier tour. Grandsire sans grand espoir, abandonne au 18ème tour alors qu’il était pourtant 9ème. Son moteur vient de perdre toute puissance.

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  F3

29 concurrents pour 21 places, tel est le challenge qui attend les pilotes lors des trois séances d’essais. Impossible pour Mauro Bianchi de piloter son Alpine qualifiée en dernière ligne. Blessé par son frère à l’œil, il doit déclarer forfait tandis que Piers Courage accroche la pôle. En 4ème ligne Weber (#1759) et Vidal (n°3 #1758) sont au coude à coude. Un peu plus loin Philippe Bouillot (#1756 ?) et Jean Jacques Dalmas (#1763) qualifient leur Alpine. 

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Juste après le départ, au virage du nouveau monde, le peloton s’étire déjà.


Weber finit la course en 6ème position tandis que Vidal victime du bris d’une rotule est contraint à l’abandon. Dalmas passe la ligne avec un tour de retard en 10ème position. Bouillot avec 2 tours de retard finit 13ème et bon dernier. 


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S’en est fini pour Vidal !

 

18 juillet : Grand-Prix de la ville de Nevers/F3 à Magny-Cours


Dès la première manche, Vidal (n°9 #1758) casse le vilebrequin de son moteur au 13ème tour (entrainant le bris de son bloc). Weber (#1759) en finissant quatrième à plus de 25 secondes de l’intouchable Blokdyk (Brabham) se qualifie pour la finale. Dans la seconde série Mauro Bianchi (#1766) accroche la 2ème place. Lledo (#1767) en prenant la 6ème position mais surtout le 12ème temps se qualifie de justesse pour la final. Parties sur un rythme effréné, les têtes d’affiches (Davies, Jaussaud, Blokdyk, Beltoise, Bianchi) se livrent une bataille acharnée. Alors que le sud-africain Blokdyk domine le débat, Beltoise et Bianchi roues dans roues se livrent un impressionnant mano à mano. Finalement le pilote Matra prendra in extrémis le dessus sur Mauro. Weber incapable de suivre la cadence finit 10ème à 2 tours. Tandis que Lledo termine en 11ème position  lanterne rouge à 5 tours!

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24/25 Juillet : Trophée de Cognac


C’est sur le circuit de la base aérienne militaire de Cognac que les concurrents vont en découdre dans une épreuve de 90 kms. Servoz Gavin tient la pôle devant Mauro Bianchi (#1766). Vidal (#1758) réussit le 5ème temps, Weber (#1759) le 9ème avec une auto repeinte couleur bronze et Lledo (#1767) le 11ème. Dès le départ Vidal coince son accélérateur et sort dans la grande courbe après les tribunes. Il repart bon denier. Au final, les Alpine prennent les 3, 4, 5ème places (Bianchi, Weber, Vidal).


25 Juillet : Course de Côte des Andelys


Henri Grandsire serait équipé pour la 1ère fois d’un moteur de R8G dans sa monoplace (renumérotée pour l’occasion 1764bis ou 1768 ?). Engagé en Formule Libre, il signe un joli temps de 43’’ qui lui permet de remporter le scratch.


1er Août : Course de Côte de Chamrousse


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Alors que la course aurait pu se dérouler dans de bonnes conditions, voilà qu’une cabane en feu menaçant la forêt toute proche oblige les organisateurs à suspendre l’épreuve pendant plus d’une heure. Si Vinatier réalise la meilleure performance de sa classe avec sa R8G (12’56’’1), voilà que les conditions climatiques se dégradent brusquement. Avec sa monoplace de formule libre, il ne parvient à améliorer sa performance que de deux secondes, suffisantes pour remporter sa catégorie. Weber moins chanceux en plein déluge sort de la route et fausse le châssis de son Alpine F3. Mauro Bianchi et Hanrioud tous deux sur Berlinette remportent respectivement la classe 1000cm3 et 1150cm3 du groupe Grand-Tourisme avec le même temps de 13’22’’.


8 Aout : circuit de vitesse de Nogaro


La voiture de Weber n’ayant pu être réparée à temps, il va utiliser celle de Mauro Bianchi (#1766). Jean Max va utiliser celle de Jean Rolland (#1762) de l’Ecurie Méditerranée. Tant dans la première que dans la seconde manche, nos deux protagonistes vont finir respectivement 4ème et 5ème. Philippe Bouillot et Lledo (#1767), malgré une série impressionnante de tête-à-queue, complètent le résultat en 7ème et 8ème position. Quant à Vidal, il joue de mal chance. Dans la première manche il casse un culbuteur et dans la seconde il reste au départ scotché sur la ligne. Il finit 9ème au classement.

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Vidal (n°15) précède Weber (n°14).


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Vidal arrêté, culbuteur cassé

 

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.Dominique Lledo multiplie les figures acrobatiques sur le sélectif circuit de Nogaro (1752m)

 

15 Aout : Course de Côte du Mont Dore


Vinatier pulvérise le meilleur temps de l’épreuve (3’20’’1) détenu par Martel (Brabham FJ) et Trintignant (BRM F1). Grâce à son Alpine de Formule libre équipée d’un 1300 Gordini double arbres il réalise un étonnant 3’14’’3. En F3, Vidal (4ème de classe) est dominé par Jaussaud, Servoz Gabin et Ligier, alors que Weber sort sans gravité de la route.

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29 Août : Course de Côte d’Ollon Villard


Participation de Vinatier à cette course ? Aucun élément en notre possession, amis lecteurs, à vous de jouer…


29 Aout : International Trophy à Zandvoort


Alors que Kurt Ahrens remporte la course, Mauro Bianchi (n°5 #1766), victime de la rupture de son joint de culasse est contraint à l’abandon. Philippe Vidal (n°6 #1758) finit 11ème.

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Circuit de 4910m situé à 25kms au nord de La Haye Mauro Bianchi sur la grille de départ.      

 

5 septembre : Coupe de Vitesse de l’A.C.I.F. à Monza


Weber arrivé tardivement ne parvient pas à se qualifier.

 

12 Septembre : Course de côte d’Urcy


Comme l’an passé Jean Vinatier sur sa monoplace 1300 de formule libre domine toute la concurrence en 1’46’’. Seul Jean Guichet avec son Abarth OT de 2 litres de cylindrée parvient à suivre la cadence échouant d’1/10ème de seconde pour le scratch.

 

12 septembre : Coupes de l’Avenir à Zolder


Les choses avaient déjà, avant la course, mal démarré pour l’équipe Alpine. Accidentée lors de son transport de Dieppe vers Zolder, la monoplace de Vidal ne peut prendre le départ. Qualifié pour la finale, Mauro Bianchi (#1766) ne peut faire mieux que sixième.

 

19 septembre : Coupe de Paris à Montlhéry (agaci)


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Robby Weber


Robby Weber a amené 2 voitures, une Grac et son Alpine réparée, plutôt reconstruite, après sa sortie de route du 1er Août à la Course de Côte de Chamrousse (#1771). En effet, il a fallu changer le châssis bien trop faussé pour être réparé. Après les essais, il choisit de partir avec l’alpine plus rapide de 2 secondes que la Grac. Il prête à Leguellec sa seconde monture. Malheureusement après avoir chevauché la Brabham de Davies aux « Deux Ponts », Weber casse son moteur. Mauro Bianchi (#1766) monte sur la troisième marche du podium et Philippe Bouillot (#1757) finit 8ème.

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Au « Deux Ponts » Weber enjambe sans dommage Davies. Montlhéry un circuit de 12,5 kms.


26 Septembre : Grand-Prix de France/F2 et F3 à Albi

  F2

Il faut bien l’avouer, le Gordini semble bien poussif face à la concurrence. Malgré les efforts de Grandsire (#1764B ?,16ème temps) et Vinatier (#1765 ?, lanterne rouge), rien n’y fait. A la mi course Grandsire abandonne (eau dans l’huile). A l’approche de l’arrivée, rien n’est épargné à l’équipe Alpine, le moteur de Vinatier serre et rend l’âme !

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Henri Grandsire, attentif en plein effort sur ce circuit de 3636 m tracé sur le terrain d’aviation d’Albi.

 

  F3

5 Alpine composent le peloton de 20 concurrents qui vont s’élancer. Vidal a rendu son tablier et Jean Rédélé décide de confier sa voiture au prometteur Weber (#1758). Dès le premier tour, en proie à des problèmes de freins, il est contraint de prendre l’échappatoire. Pendant toute la course, il va devoir composer avec ce handicap. Il finira tout de même 8ème et meilleure Alpine. Mauro Bianchi (#1766), qui un moment s’est mêlé à la lutte avec les meilleurs, brise sa fusée avant droite et abandonne. Dommage, car Moteur Moderne inaugurait pour l’occasion, plein d’espérances, un allumage électronique. Jean Max, prometteur, poursuit son apprentissage sur la F3 de l’écurie Méditerranée et termine 11ème malgré la rupture de son embrayage. Philippe Bouillot se place 13ème alors que Beynac privé de son 4ème rapport est rentré depuis un long moment au stand.

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Weber bénéficie désormais d’une F3 usine performante.   L’allumage électronique de Mauro Bianchi.


4 Octobre : Coupes du Salon à Montlhéry/F3


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Sport Auto fait sa couverture avec un Weber en pleine attaque au virage des deux ponts à Montlhéry.


Pour la dernière course F3 de la saison, Weber (n°14 #1758), de plus en plus à l’aise, se positionne en 1ère ligne, alors que Mauro (#1766) ne partira que de la quatrième ligne avec dans son dos Philippe Bouillot (#1757) et un peu plus loin Jean-Jacques Dalmas.

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Philippe Bouillot (n°28) et Jean-Jacques Dalmas (n°42) s’élancent.


Un départ mal donné, alors que certains concurrents venaient de couper leur moteur trop haut en température, va créer une certaine confusion. Mauro Bianchi et Robby Weber se livrent à une lutte fratricide pour la troisième place. Mauro en terminant troisième peut encore espérer accrocher le titre de champion de Belgique de F3. Malheureusement, une fois de plus victime, à quelques tours de la fin, suite du bris d’un triangle de suspension, il est contraint à l’abandon. Weber 3ème et Bouillot (#1769 ?) 6ème n’ont pas pu admirer l’incroyable victoire d’un museau de Crichton-Stuart sur Beltoise.

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24 Octobre : Xème Coupe d’Or de Syracuse/F2


Seulement 13 voitures avaient fait le déplacement pour cette dernière course de F2. Alpine tente une ultime participation pour redorer un blason bien terne. Grandsire (#1764) réussit le second temps des essais tandis que Vinatier ne partira qu’en 4ème ligne. A l’issu du premier tour, Ghezzi mène le bal devant Moser et Grandsire, alors que Vinatier est contraint à un arrêt au stand pour changer ses bougies. Au deuxième tour Moser mène devant un Grandsire extrêmement conquérant. Au 6ème tour Mauro s’installe en tête jusqu’au 13ème où Moser repasse. Au 15ème il reprend le commandement avant de partir en tête-à-queue suite à un surrégime provoqué par un accélérateur bloqué. Contraint de rentrer au stand pour réparer, il abandonne peu après (moteur cassé !). Jean Vinatier doit se contenter de la 5ème place à 7 tours du vainqueur Silvio Moser (Brabham-Cosworth).

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Il faut bien se rendre à l’évidence, même face à une concurrence amoindrie, le tandem Alpine/Gordini est loin d’être compétitif en F2. Il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. Il faut continuer à travailler les évolutions techniques et renforcer en personnel le service course si l’on veut poursuivre cette frénésie d’objectifs tous azimuts (endurance, rallye, F2 et F3). Cependant les moyens financiers, pourtant conséquents, alloués par Jean Rédélé pour cette entreprise, sont bien insuffisants par rapport à la concurrence.

En F3, les résultats sont plus encourageants. Il faut avouer que Moteur Moderne n’est pas étranger à l’affaire ! Sans cesse en ébullition, l’ingénieur Jarry tire désormais presque 100cv au litre du moteur R8, un véritable exploit ! Cependant, trop de clients finit par étouffer un service course plein de bonne volonté qui se forme sur le tas. Englué dans une maintenance de plus en plus lourde, il ne dispose plus du temps nécessaire pour une recherche méthodique et sereine de solutions pérennes aux problèmes récurrents, tel les bris de commande d’accélérateur, les calages sur la ligne de départ et autres pertes de puissances en courses. Pour la première fois, en cette fin de saison, Jean Rédélé doit constater le départ de certains employés chez son principal rival, Matra, alors que certains pilotes convoités lui échappent. Dur métier que celui de constructeur de voitures de courses. Après avoir investi plus de 250 000 frs en deux ans uniquement pour développer et produire les moteurs de Formule 3, après avoir intensifié le programme d’endurance et de rallye, voilà que Jean Rédélé devrait encore passer à la vitesse supérieure…mission impossible pour ce petit constructeur contraint à réduire la voilure ou à s’associer plus en avant avec son partenaire historique. A moins que cela ne soit, en sous main, déjà fait…


L’équipe Alpine-Passion.Com


En bonus nous ne résistons pas à vous faire partager un extrait de l’étude réalisée récemment et pour la première fois par Didier Martin dans la revue Autodiva n°8 d’Août/Sept. 2011 sur Moteur Moderne:

« …Alpine mit en vente pour la saison 1965 des formule 3 et Jean Rédélé, qui voulait amortir au maximum son investissement et son outillage, demanda à Bernard Boyer de n’engendrer aucune évolution pouvant augmenter les coûts. Identique au modèle P64 de la saison dernière, le châssis Alpine 65 lui-même issu du Brabham 63 allait accuser un retard technique sur la plupart de ses concurrents. Même cahier des charges pour Moteur Moderne : stabiliser la puissance des derniers moteurs de 64 en améliorant la fiabilité pour les moteurs clients, cette orientation commerciale allait finir par provoquer la rupture entre Rédélé et Boyer et son départ de chez Alpine en milieu de saison. Les caractéristiques du moteur 65 allaient donc rester proche des dernières versions de 64 en utilisant le plus grand nombre de pièces d’origine Renault. Toutefois une nouvelle pompe à huile à deux étages pour le carter sec fut réalisée en partant d’éléments courants Merobel, et de nouveaux pistons Nova à 2 segments minces de 0,77mm et un segment racleur de 4mm furent montés. Les moteurs clients d’une puissance variant entre 87 et 90 cv entre 7200 et 8500 tr/mn, feront preuve d’une bonne fiabilité puisque qu’aucune casse sérieuse ne sera à déplorer la première année, mais le déficit de chevaux par rapport au meilleurs moteurs contemporains, Ford Holbay (5 paliers) ou Cosworth (3 paliers) se situait entre 5 et 10 cv, un handicap important qui, ajouté à celui (relatif) du châssis, limitait les performances des Alpine privés. D’octobre 1964 à Août 65, 24 nouveaux moteurs furent construits et utilisés tant au banc d’essai qu’en courses : 16 en version client et 8 en version usine. Les MM72 d’usine se différenciaient par une puissance supplémentaire, de 96 à 97 cv pour atteindre 100 à 101 cv en milieu d’année au banc moteur type BN3E Strager du Moteur Moderne, de plus ils bénéficiaient d’un couple plus bas. Les conduits d’admission et d’échappement agrandis, avec un passage des sièges de 31mm à l’admission et de 26mm à l’échappement étaient identiques aux moteurs-clients mais, par contre, les soupapes des « usines » étaient encastrées, ce qui n’est pas le cas des « client », la culasse rabotée à la cote de 67mm donnant un taux de compression de 13,5. La pipe d’admission dernière version 64, (type 8) avait été conservée pour les moteurs 65 mais son diamètre intérieur passa à 29mm (28mm en 64). Un équilibrage plus soigné des ressorts de soupapes différents et un échappement plus performant permirent au MM72 usine de garder le contact avec le Ford Cosworth, mais au détriment de la fiabilité. Huit accidents moteur lourds furent à déplorer, un, par la sortie de route de Jacques Weber à Chamrousse, deux, sur rupture de vis de bielles et quatre, sur rupture de vilebrequins (2 au banc d’essai, 2 en course à Reims et à Magny-Cours). Ces casses de vilebrequin étaient pour une grande part dues au voilage des volants moteur en course et aux mécanismes d’embrayage mal équilibrés mais il n’en demeurait pas moins que la faiblesse du bas moteur nécessitait de se pencher sérieusement sur le problème… »


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