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Alpine entre en piste, saison 1964.

Alors que le 13 mars, l’unique monoplace Alpine fait ses premiers tours de roues sur le circuit de Montlhéry, pour la première épreuve de la saison qui va se disputer le 5 avril sur le circuit de Pau, Jean Rédélé souhaite présenter au moins 4 voitures. Pari impossible ? mais pari gagné !!! Dans une ambiance de précipitation extrême, l’équipe enthousiaste et "gonflée à bloc" vient de donner satisfaction au patron. Impossible dans ces conditions, pour ce dernier d’exiger le montage d’une 5ème voiture pour le champion du monde Graham Hill qu’il vient de convaincre de…


Le 13 mars, Mauro Bianchi et José Rosinski étrennent la première monoplace Alpine (#1751) sur le circuit de Montlhéry. Equipée d’un moteur double arbre à cames en tête Gordini type 55 (n°7) et d’une boite Hewland (n°9), cette F2 confirme à travers un excellent comportement routier tout son potentiel. Une semaine plus tard, le 20 mars, l’assemblage d’une nouvelle monoplace F2 (#1752) semble enfin terminé dans les ateliers de Dieppe. Alors que 1751, désormais équipée d’un nouveau groupe motopropulseur (mot. n°5 + boite n°8), procède à un nouvel essai de roulage sur l’anneau de Montlhéry, il est grandement temps de finir le montage des deux autres châssis terminés. Le désir d’acquisition d’une monoplace Alpine (future #1753, F2 ou F3 ?) d’un client, Jacques Maglia, vient d’être imprudemment accepté par Jean Rédélé qui souhaite également s’engager en F3 (future #1754). En effet, Alpine a décidé de frapper un grand coup. Pour la première épreuve de la saison qui va se disputer le 5 avril sur le circuit de Pau, Jean Rédélé souhaite présenter au moins 4 voitures. Pari impossible, mais pari gagné. Dans une ambiance de précipitation extrême, l’équipe enthousiaste et "gonflée à bloc" vient de donner satisfaction au patron. Impossible dans ces conditions, pour ce dernier d’exiger le montage d’une 5ème voiture pour le champion du monde Graham Hill qu’il vient de convaincre de…

-5 AVRIL : GRAND PRIX DE PAU : F2/F3

Formule2 :

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Mauro Bianchi s'élance à bord de 1751 pour sa première séance d'essais


Renaissance historique : après 10 ans d’absence, des monoplaces françaises retrouvent la piste. Si Alpine en aligne trois flambant neuves, René Bonnet n’est pas en reste avec deux voitures. L’aventure est lancée. Dans l’euphorie qui règne au sein d’Alpine, Jean Rédélé avec l’appui de Gérard Crombac et José Rosinski a réussi à convaincre le champion du monde Graham Hill de piloter une de ses voitures. Bizarrement, ce dernier, cherchant à tout prix à enrayer l’écrasante domination de Jim Clark (Lotus 32 moteur Cosworth de 117cv), accepte. Il n’avait sans doute pas imaginé qu’une marque sportive d’une maturité affirmée, puisse se lancer précipitamment dans l’aventure de la monoplace avec autant d’amateurisme et une pointe de désinvolture liée à un excès de confiance. Le service course Alpine, qui assure en plus la préparation des 24H du Mans avec la mise au point du nouveau prototype M64 et l’évolution de la Berlinette en course, a du faire des miracles pour monter quatre monoplaces (3F2+1F3). Après les derniers essais pour la presse et les nombreux tours de piste, la première monoplace Alpine (# n°1751), confiée à Mauro Bianchi, est désormais au point. Elle arrive en milieu de la semaine alors que les écluses célestes déversent, ce jeudi, des trombes d’eau sur la ville. Celle allouée à Graham Hill (# n°1752) n’arrive "brute de décoffrage" que vendredi, alors que Mauro Bianchi vient de réaliser le meilleur temps des essais préliminaires (1’44’’1) reléguant Jim Clark à plus d’une seconde (1’45’’7) ! De bons présages pour le champion du monde et son Alpine qui font leurs premiers tours de roues sur une piste détrempée (1’59’’1).

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Concentré, Graham Hill découvre sa monoplace, lors de cette première séance d'essais.

Tenace, Hill, ce grand pilote, excellent mécanicien de surcroît, espère qu’après de bons réglages les choses devraient pouvoir encore nettement s’améliorer. La voiture est transférée à la concession Renault de Pau, où avec l’aide du mécanicien Jacques Duval, il décide de la régler lui-même ! Totalement oublié par l’équipe Alpine, il faillit finir la nuit enfermé dans la concession… alors que la troisième F2 (# n°1753) dévolue à Rosinski arrive enfin partiellement assemblée. Pour finir, le lendemain, les mécaniciens débordés, ne rapatrient que tardivement la voiture de Hill de la concession vers le circuit, tant dis que Mauro Bianchi améliore sa performance de la veille (1’39’’2) et arrache la cinquième place et la 2ème ligne sur la grille. Pendant que José Rosinski se débat avec les réglages de sa voiture et ne parvient pas à descendre sous les deux minutes, Jim Clark pulvérise son meilleur chrono de l’année précédente (réalisé sur sa F1 de 1500cm3 en 1’36’’3).

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Sur des oeufs, José Rosinski, cherche l'adhérence sur une piste délicate.

Ce n’est qu’en fin de séance d’essais qu’ Hill peut enfin prendre la piste … la messe est dite. Devant tant d’amateurisme, face à la faiblesse de performance du moteur Gordini et afin de ne pas entacher sa réputation, le champion du monde renonce à participer à la course du lendemain !

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Si désormais, la tenue de route est bien meilleure, Hill constate le manque de puissance du Gordini. De retour au stand, le voilà en conciliabule avec Rosinski, avant de jeter l'éponge.


Du coup Jean Rédélé se retrouve avec une voiture sans pilote pour la course de dimanche après midi. Jacques Maglia, dont la voiture n’a pas été livrée à temps, accepte de piloter au pied levé celle de Rosinski qui récupère la monoplace de Hill. Tous deux partent de la dernière ligne.

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Toto Roche donne le départ alors que juste derrière Bianchi, Gardner(bras levés) vient de caler. En dernière ligne Maglia(à G.) et Rosinski(à D.)

Après 5 tours, Maglia dont le moteur "cafouille" rejoint les stands pour un très long arrêt. Les mécaniciens ne parvenant pas à diagnostiquer la panne (bobine défectueuse), il finit par reprendre la piste sur trois cylindres pour finir ainsi la course en se classant 10ème à 15 tours du vainqueur. Pendant ce temps Rosinski en proie à un moteur défectueux se fait prendre un tour par Bianchi.

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Lareau sur René Bonnet (à gauche) et Maglia à la lutte côte à côte.


Les arrêts et abandons vont bon train si bien qu’à mi course alors que Clark et Attwood ont relégués tous leurs adversaires à plus d’un tour, Bianchi et Rosinski pointent respectivement en 4ème en 7ème position. Retrouvant tout à coup tous les chevaux de son moteur, il passe tour à tour Beckwith et Hegbourne pour accrocher la 5ème place. Quant à Bianchi en 4ème position derrière la Lotus d’Arundell, victime de problème avec son différentiel il cède du terrain et laisse à 4 tours de l’arrivée son coéquipier passer.

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José Rosinski vient de négocier l'épingle du lycée et s'achemine vers une 4ème place.


Jim Clark (Lotus-Cosworth) l’emporte avec plus d’une minute d’avance sur Richard Attwood (Lola-Cosworth) et 2 tours sur Peter Arundell (Lotus-Cosworth) José Rosinski (Alpine-Renault) et Mauro Bianchi (Alpine-Renault). Malgré cette encourageante performance de l’équipe Alpine, leur nette domination sur les René Bonnet, il leur reste encore beaucoup de choses à acquérir pour pouvoir prétendre à des résultats probants. Quant à José Rosinski, heureux d’avoir pu récupérer une voiture bien réglée mais penaud face à l’accueil réservé par l’équipe à Graham Hill, il décide de quitter Alpine.

Formule 3 :

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Dernier préparatif dans les locaux de la concession Renault de Pau pour Henri Grandsire


Les Dieux ayant décidé de frapper à nouveau, c’est sous un véritable déluge que les essais officiels se déroulent. Ces conditions particulières vont permettre à quelques pilotes téméraires de hisser des voitures parfois dépassées comme la Sirmac de Denis Cassa aux avant postes. Henry Grandsire, chargé de défendre les couleurs d’Alpine en F3, place l’unique Alpine (# n°1754) en 3ème ligne alors qu’Offenstadt (Lola-Ford) signe la pôle position. Dès le départ ce dernier prend le commandement devant Jean-Pierre Jaussaud (Cooper-B.M.C), Pierre Gelée (Lotus-D.K.W) et Henry Grandsire. Un tête à queue de Clémente en bagarre avec Johnny Rives envoie Pierre Gelée en toupie et permet à Grandsire de s’approcher. Puis Offenstadt ayant course gagnée perd le contrôle de sa voiture dans la ligne droite des stands en doublant un attardé et vient s’écraser contre le muret. Désormais Jaussaud caracole en tête et Grandsire peut espérer grappiller la seconde place à Gelée lorsque sa boite de vitesse se bloque sur le troisième rapport. Impuissant il voit passer Vincent Palmaro (Lotus-Ford) qui double Gelée en perdition. Il finit au pied du podium. Dommage…

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Henri Grandsire (#1754) en pleine action.

-12 AVRIL : GRAND PRIX DE VIENNE : F2

Jean Rédélé conscient du retard pris, privilégie la mise au point des voitures et n’envoie qu’une équipe très réduite pour assister l’unique Alpine (#1751) pilotée par Mauro Bianchi dans la capitale autrichienne. Ils sont peu nombreux (14 partants) à avoir fait le déplacement sur le circuit d’Aspern pour ce Grand Prix de Vienne. Secrètement, face à une concurrence peu fournie, Alpine espère sans doute pouvoir faire une bonne performance. D’entrée de jeu, aux essais, en l’absence de Jim Clark engagé au meeting britannique d’Oulton Park, Jack Brabham étrennant sa nouvelle F2 à moteur Coswort bat le meilleur temps du circuit. Malheureusement, dès le premier tour de course il est contraint à l’abandon après avoir heurté Maggs qui venait de prendre l’ascendant. Mauro Bianchi en milieu de peloton ne peut qu’essayer de suivre la cadence. En fin de course, il parvient à se hisser à la 4ème place. Pour la deuxième manche, Brabham, s’élançant de la dernière ligne, met un point d’honneur à remonter tous ses adversaires pour l’emporter avec un petit dixième d’avance sur Maggs alors qu’Attwood lève le pied et assure sa victoire au classement général. Le Renault-Gordini manque cruellement de puissance face à la horde britannique et Mauro Bianchi doit se consoler en accrochant la 5ème place.


- 9 MAI : GRAND PRIX DE MONACO : F3

La Principauté n’accueillant pas de course de F2, Alpine décide de transformer la voiture de Mauro Bianchi (#1751) en F3. Abandonnant son moteur Gordini au profit du second moteur réalisé par Moteur Moderne, elle va ainsi pouvoir défendre pour la première fois les couleurs Alpine dans cette catégorie. Souvenez-vous du cinquième châssis en cours de fabrication lors de la visite à Dieppe début mars de Gérard Crombac (cf. Alpine entre en piste). Désormais assemblé, il est équipé du moteur utilisé par Henri Grandsire à Pau. Ce dernier hérite d’un tout nouveau moteur (n°3) pour l’occasion : nouvelle stratégie, histoire de marquer les esprits dans ce haut lieu de prestige.
Monaco : une vitrine extraordinaire pour qui sait y briller. Alpine, conscient de l’importance de cet événement engage trois monoplaces pour la course de F3 confiées à Bianchi (#1751), Grandsire (#1754) et Rolland (#1755). Dans la 1ère manche Bianchi partant de la 4ème ligne réussit à accrocher au bout de 3 tours la 3ème position. Extraordinaire, au 7ème tour, il s’accapare de la seconde place. Le suspense est à son paroxysme, lorsque dans le dernier tour il se fait doubler par Bradley (Lola-B.M.C.). Dans un ultime effort, tant inutile que fort risqué, au virage du gazomètre, Bianchi le repasse non sans éviter le contact pour finir second derrière l’intouchable Jackie Stewart. Rolland, à un tour, finit 11ème et dernier qualifié pour la finale alors que Grandsire (arrêt au premier tour pour un accélérateur coincé) termine à 2 tours, non qualifié.

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Départ de la première série. On devine Mauro Bianchi en 5ème position (tout à droite) et Grandsire au fond (tout à gauche) qui précède les 4 derniers concurrents).


En finale pour sa première course Jean Rolland, parti en avant dernière ligne et aux prises à un moteur en surchauffe, finit classé 16ème à 7 tours. Quant à Bianchi, parti en seconde ligne, il fait un départ prudent pour pointer à la 5ème place au premier tour. Moser (Brabham-B.M.C.) cède au 3ème tour les commandes à Stewart. Au 5ème tour Bradley et Vidal le passe alors que Bianchi très sage attend son heure et hérite de la 4ème place au 8ème tour suite à l’abandon de Bradley. Sur ce circuit exigeant, Vidal heurte le rebord d’un trottoir et fausse le parallélisme avant de sa voiture. Avec une tenue de route devenue précaire, il cède sa seconde place à Moser et ne peut résister à Mauro Bianchi qui termine 3ème loin de l’impérial Jackie Stewart (Cooper-Austin).

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Mauro Bianchi à l'attaque soigne ses trajectoires.

- 24 MAI : COUPE DE PARIS : F3


Mauro Bianchi (#1751) de bout en bout. Premier triomphe pour Alpine :

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Eric Offenstadt (Lola-Ford-Holbay) talonne Mauro Bianchi dans cette seconde manche


Pour la première fois, Alpine utilise pour les essais la version "carter sec"* du 1000cm3 imaginée par Moteur Moderne (Mot.n°5). Les quelques chevaux supplémentaires ainsi gagnés, permettent à Mauro Bianchi de réaliser la meilleure performance et d’accrocher la "pôle". Cependant, pour la course, c’est une version standard à carter humide (Mot.n°2) qui propulse dès le départ la monoplace en tête. Grâce à un gros accrochage dans son dos, Mauro Bianchi creuse immédiatement un net écart sur le peloton et finit largement détaché. Dans la 2ème manche, après un départ toujours en tête il est rattrapé à la fin du premier tour par Offenstadt qui le talonne. Après 3 tours roues dans roues, calculateur et afin d’éviter un accrochage, il cède la tête de course. Désormais sans pression et avec une étonnante facilité, Mauro Bianchi n’a plus qu’à suivre son rival. Il démontre aux yeux de tous, le formidable potentiel de la nouvelle Alpine et assure sa victoire par addition des 2 manches.

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Mauro Bianchi radieux et Jean Rédélé satisfait savourent cette première victoire d'une monoplace Alpine. Alors que Cornu le mécanicien semble stupéfait!

* Le principe d’un moteur à carter sec est de supprimer le barbotage du vilebrequin dans l’huile contenue dans le carter inférieur du moteur. Cette solution permet de diminuer la résistance à la rotation du vilebrequin (gain 1 à 2 CV) et surtout d’éliminer le déjaugeage préjudiciable à la bonne lubrification du moteur. Pour se faire il faut créer un réservoir (appelé bâche) à huile extérieur au moteur, branché directement avec la pompe à huile d’origine chargée de lubrifier le moteur. Cette pompe qui désormais aspire l’huile directement dans la bâche au lieu du carter inférieur, propulse toujours l’huile par les conduits de graissage jusqu’en haut de la culasse, avant qu’elle ne redescende librement dans le carter moteur. Il s’agit donc de renvoyer cette huile en position basse dans la bâche à huile afin de ne pas rompre le cycle. Pour ce faire, une seconde pompe positionnée sur le carter de distribution et entrainée par l’arbre à came est chargée d’aspirer l’huile du carter inférieur pour la renvoyer dans la bâche à huile.

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Unique document de piètre qualité d'un 1000cm3 Moteur Moderne et sa pompe de vidange d'huile installé en bout d'A.A.C. (voir flêche rouge)

Il va falloir attendre 5 semaines pour revoir nos monoplaces en piste. Pourtant, le service course, n’a guère le temps de souffler, il est désormais entièrement concentré sur la préparation des 24h du Mans, puis des 12h de Reims. Tant à Magny-Cours (31 mai) qu’à la Châtre, les engagés ne se bousculent pas. Rendez-vous est pris en terre normande, terre natale des Alpine. Vont-elles y briller ?


- 28 JUIN : ROUEN ESSARTS : F3


Dès le premier tour de course, l’ambiance est fixée. Mauro Bianchi (#1755) s’arrête à son stand : problème moteur (niveau d’huile ?)* ! Nouvel arrêt au passage suivant pour refixer le capot avant mal verrouillé au tour précédent ! Pas démotivé, il entame une spectaculaire remontée. Après avoir rattrapé et dépassé Bill Bradley (Lola-Bmc) et Roy Pike (Alexis), il est contraint à un troisième arrêt suite au blocage de son accélérateur. Il finit 5ème à un tour, tant dis que Grandsire (#1754), victime de la même panne, a du abandonner.

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Henri Grandsire (n°16) semble à l'aise, malheureusement il va bientôt être victime du bris de la commande d'accélérateur.

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Tandis que Mauro Bianchi fait le forcing, ici en lutte avec Bradley (Lola)


*En fait l’équipe Alpine constate depuis un certain temps une baisse de puissance du moteur à carter sec après plusieurs tours de course. De retour au stand, la voiture semble ne souffrir d’aucuns maux. En reprenant la piste, elle retrouve toute sa puissance pour quelques tours avant que le phénomène ne se répète. Après avoir hanté durant de nombreuses nuits nos mécaniciens, ce mystère va enfin être élucidé. A haut régime moteur, la pompe de vidange de l’huile de carter inférieur, passe en surrégime et se met à caviter. Ainsi, pendant cette phase, son débit est fortement réduit et progressivement l’huile s’accumule dans le bas moteur. De retour au ralenti au stand, elle parvient sournoisement à éliminer le surplus d’huile…ni vu ni connu… « Bon sang mais c’est bien sûr… !!! »


- 5 JUILLET : REIMS : F2/F3

A l’occasion de ce week-end de course, traditionnelle revanche des 24h du Mans, l’équipe Alpine organise un déplacement d’envergure. Pas moins de 4 prototypes (3 M64 + 1 M63) et 4 monoplaces vont être engagés tant en endurance qu’en F2 et F3. José Rosinski, après avoir disputé les 24h du Mans sur Ferrari, fait son retour au sein de l’équipe Alpine, aussi bien aux côtés d’Henri Grandsire sur la M64 qu’en F2. Une presse, parfois peu complaisante, à travers le journal L’Equipe ose la veille de la course, créer la polémique au sujet de ce retour. Un demi-siècle plus tard José Rosinski en garde d’ailleurs un souvenir précis et meurtri. « …l’article s’intitulait Trahison et le texte disait en substance que Jean Rédélé était trop bon de reprendre un félon de mon acabit qui n’a pas hésité à courir sur Ferrari etc…Bref, j’étais roulé dans la boue et je suis allé ensuite m’expliquer avec l’auteur de l’article. » Momentanément apaisé, il peut désormais se concentrer sur la course.

Formule2 :

Alors qu’aucune René Bonnet ne parvient à se qualifier aux essais, Toto Roche, le célèbre directeur de course, décide, afin de ne pas frustrer le public venu nombreux soutenir les "voitures bleues", de repêcher tout le monde. La grille de départ est fort encombrée avec pas moins de 30 voitures sous les ordres du starter. Dès le 2ème tour les deux Alpine F2 commence à chauffer. Rosinski (#1752) et Bianchi (#1751) sont contraints à l’abandon et vont pouvoir, à partir du 5ème tour, observer du bord de la piste les exploits de leurs compères. Dans le dernier tour, Alan Rees sur Brabham feint un ratage de vitesse en accélérant son moteur dans le vide. Jack Brabham collé à ses basques, trop heureux de cette fausse erreur déboite et le passe. Rees prend immédiatement sa roue et dans la dernière ligne droite en pleine aspiration franchit l’arrivée avec un rien d’avance et l’emporte!

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Toto Roche abaisse le drapeau alors que Rees (à G.) saute Brabham pour l'emporter!

Formule 3 :

Grandsire (#1754) qui parait le seul capable de rivaliser face aux deux Cooper-Bmc de Jackie Stewart et Warwick Banks éclate son radiateur d’huile alors qu’il est 3èmederrière Stewart. Après avoir hissé, lors des 12h, la Ferrari 250 gto à la 9ème place, Lucien Bianchi, le frère de Mauro, a pour l’occasion intégré l’équipe sur la seconde F3 (#1755). Observateur derrière Grandsire, c’est désormais vers lui que tous les regards de l’équipe se tournent. Il passe à l’attaque et termine à une belle seconde place.

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Lucien Bianchi semble à l'aise, dans cette monoplace Alpine qu'il pilote pour la 1ère fois.


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Grandsire précède Banks (Cooper n°3), Piers Courage (Lotus n° 73) et Lucien Bianchi (Alpine n°11).


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Lucien vient de doubler Baur (Cooper) et attaque Doerfliger (lotus n°45).


Le compte rendu de ce week-end par Sport-Auto, loin de relever l’incident de L’Equipe, et après avoir constaté la faiblesse de performance du moteur Gordini en F2, met l’accent sur une information bien plus capitale pour Alpine. En effet, Renault vient de donner l’assurance à Jean Rédélé, que pour la saison prochaine, il disposerait d’un tout nouveau moteur bien plus puissant, lui permettant de rivaliser avec les meilleurs en F2. Réponse du berger à la bergère, Alpine reprend officiellement la main chez Renault, face à un René Bonnet en plein effondrement financier.


- 19 JUILLET : CHARADE : F2/F3

Formule 2 :

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Etonnant cliché d'une grille de départ sans pilote. Le calme avant la tempête.


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Atmosphère pesante pour ce départ dans les nuages. Schlesser (à d. n°14) et Stewart (au centre) sont attentifs aux ordres du starter.


Pour lutter contre la chaleur ambiante, Rosinski (#1751) décide de couper avant le départ le museau de sa monoplace. Parti en 4ème ligne, malgré cet aménagement de fortune, il finit à la 7ème place à plus d’un tour du vainqueur. Vinatier (#1752), guère plus en verve n’accroche que la 10ème place à 2 tours. Seule satisfaction pour Alpine : leur nette domination sur les René Bonnet parties en avant dernière ligne.

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José Rosinski, quelque peu esseulé ne peut suivre le rythme des meilleurs!

Formule 3 :

Henri Grandsire (#1754) réussit une belle performance en réalisant le 2ème temps des essais. Malheureusement, après être passé en tête au 1er tour de la 1ère manche, il touche une botte de paille et se retrouve en 9ème position au second tour. Au prix d’un ultime effort, il finit 5ème alors que Mauro Bianchi (#1755) passe la ligne en 3ème position. Dans la seconde manche Grandsire casse son radiateur d’huile et abandonne tandis que Bianchi (#1755) finit 4ème, place qu’il conserve à l’addition des 2 manches pour le classement final.

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Grille de départ de la seconde manche, alors que Jean Rédélé (photo de G. au centre en cravatte) observe la concurrence:
en 1ère ligne Mauro Bianchi scrute sa voiture n°51 (à G.),tandis qu' en 3ème ligne Grandsire reste souriant (photo de droite).


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Rédélé et Chenisse attentifs aux explications de Grandsire (à G.). Rosinski et Rédélé heureux sans doute d'avoir nettement dominé les R.Bonnet.(à D.)


- 26 JUILLET : COURSE DE COTE DES ANDELYS


Ce n’est pas moins de 70 voitures et 21 motos qui sont au départ de cette très rapide course de côte de 1700 mètres, entrecoupée de trois épingles. Vinatier sur sa monoplace Alpine (#1752) en 53’’ 4/5 domine Buchet (Porsche 904), ex aequo avec Tavano (Ferrari 250GTO) en 54’’ 3/5, et remporte le scratch.

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Vinatier et sa monoplace (#1752) en plein appui.


- 8 ET 9 AOUT : COGNAC : F3

Après une 4ème place, une non qualification et 4 abandons Henri Grandsire, aurait en ce milieu de saison de quoi être découragé. Cependant, la petite équipe qui s’est constituée autour de lui croit en ses qualités. Bernard Boyer le soutient au quotidien, tandis que Moteur Moderne délègue à la demande, deux mécaniciens (Mrs Croix et Verdoux) pour soutenir le travail de François Lhermoyé et Jean-Paul Castilleux dans les paddocks. Dès les essais, il retrouve la fougue de l’époque de la formule junior. Eric Offenstadt (Lola-Ford), le leader du championnat de France est relégué à plus de 4 secondes. Seul l’américain Eglinton réussit à faire mieux. Après un départ prudent derrière ces deux rivaux, il récupère la seconde position alors qu’Offenstadt est en proie à des difficultés mécaniques. A force de talonner Eglinton, il finit par le passer. Déstabilisé par cette audace, incapable de suivre la cadence, l’américain accumule les tête-à-queue et laisse filer notre homme qui franchit la ligne avec 1’26’’ d’avance sur Jacques Bernusset (Cooper-BMC). Le championnat est relancé et tous les espoirs sont ravivés.

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Départ prudent de Grandsire (3ème position) derrière Offenstadt et Eglinton.


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A force de persévérance, Grandsire finit par prendre définitivement la tête de la course.


- 15 AOUT : NOGARO : F3

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(De G. à D.): Grandsire, Offenstadt et Bianchi, sont bien décidés à ne rien céder dans cette 1ère manche...


Dès le départ de la première manche, pour une raison inconnue Mauro Bianchi (#1755) et Offenstadt se télescopent, entrainant Grandsire dans un ballet improvisé. Les deux monoplaces Alpine sont bien endommagées. Malgré les efforts des mécaniciens, seule la voiture de Grandsire peut prendre le départ de la 2ème manche. Parti en queue de peloton, il remonte un à un tous ses adversaires pour finir par gagner la manche. Extraordinaire performance.

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Résultats: deux monoplaces Alpine au tapis!


- 16 AOUT : C.C DU MONT DORE

En réalisant 3’20’’3 lors de la première montée, Jean Vinatier à bord de sa F2 (#1752), frappe un grand coup. Il repousse Maurice Trintignant, son principal rival, à une seconde, approchant à 2/10ème le record absolu de cette course de côte détenu par Philippe Martel. Ce record ne tombera pas, tout juste sera-t-il égalé dans la seconde montée par Trintignant au volant de sa BRM de formule1 (3’20’’1), alors que Vinatier ne parvient qu’à améliorer d’1/10ème son temps de référence remportant la classe F2 et prenant la seconde place au scratch. Malheureux la veille à Nogaro, grâce au travail des mécaniciens, Mauro Bianchi peut prendre le départ et espère faire oublier cette déconvenue. Engagé en F3 avec sa monoplace (#1751) il remporte sa classe en 3’31’’

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(De G. à D.) Trintignant sur sa BRM F1 l'emporte inextrémis d'1/10ème de seconde devant Jean Vinatier.


- 23 AOUT : ZOLDER F2/F3

Formule 2 :

Pour cette épreuve, à l’exception d’Alpine, tous les concurrents utilisent désormais un moteur Cosworth ! Un certain nombre d’entre eux vont être victimes du bris de poussoirs dès les essais. Le moteur Gordini, avec une vingtaine de chevaux de moins est totalement dépassé. Condamné à la dernière position pendant les 2 manches, Mauro Bianchi (#1751) ne parvient plus à compenser, par un pilotage généreux, ce manque cruel de puissance et termine bon dernier.

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Mauro Bianchi, qui a coupé le capot de sa monoplace pour un meilleur refroidissement, sera à la traine toute la journée.


Formule 3 :

Entre les deux manches de F2, les organisateurs proposent une "Coupe de Bolderberg" réservée aux F3. Afin de marquer des points pour le championnat de France, Grandsire est présent avec 1754. Cependant, bizarrement, Alpine a aussi déplacé une seconde F3 que va piloter Mauro Bianchi. Après l’abandon de Jackie Stewart (Cooper-BMC) dans le tour de chauffe, c’est Moser (Brabham Ford) qui prend nettement le commandement devant Franck et Bianchi. Troberg (Brabham), survolté après avoir pris un mauvais départ, parvient à arracher le podium au détriment de Mauro qui finit 4ème. Quant au résultat de Grandsire ? (Nous sollicitons nos lecteurs)


- 30 AOUT : COURSE DE COTE DE CHAMROUSSE

La monoplace de Vinatier (#1752), équipée d’un moteur de 1149 cm3, est engagée dans la catégorie F1 (de cylindrée comprise entre 1300 et 1500cm3 ?). Il remporte et la catégorie et le scratch avec un temps de 11’ 17’’ 5/10. Il aurait sans doute pulvérisé le record absolu, établi par Heinz Schiller en 1962 sur Porsche F1 en 11’ 17’’, s’il n’avait pas été retardé par un concurrent rattrapé et un brouillard intense dans les 4 derniers kilomètres. Pour conforter cette excellente performance, Grandsire (#1754) au volant de sa monoplace Alpine gagne la catégorie F3 et prend la 5ème place au scratch.

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Jean Vinatier à l'attaque, alors que commissaires de pistes et spectateurs semblent pour le moins détendus! autre époque, autre moeurs...

- 30 AOUT ZANDVOORT : F3

La lutte est intense pour cette course de F3 disputée sur le circuit hollandais de Zandvoort. Jackie Stewart va finir par s’imposer, après avoir su contenir les nombreux assauts de Piers Courage. Ce dernier, après avoir cédé face au retour de Rhodes et Slotemaker, finit par repasser Rhodes pour accrocher la 3ème place. Quant au malheureux Mauro Bianchi, victime de surchauffe moteur, il est réduit à un rôle de figurant.


- 6 SEPTEMBRE : COURSE DE COTE D’URCY

Le suisse Charles Vogelé (Brabham F1) et le français Bernard Collomb (lotus F1) n’ont rien pu faire face à Jean Vinatier (#1752). C’est sous une pluie battante qu’il gagne (même si certains pensent à une erreur de chronométrage)


- 13 SEPTEMBRE : ALBI : F2/F3

Formule 2 :

C’est sous une chaleur accablante que se déroulent les deux séances d’essais pour les 20 concurrents. Jean Vinatier et José Rosinski, installés sur la dernière ligne de la grille de départ, ont été largement dominés par les 7 Brabham, 5 Lotus, 4 Lola et 2 Cooper, finissant à 4 secondes du 18ème Maglia (Lotus). Les nombreux rebondissements de la course vont tout de même profiter à nos lanternes rouges. Jean Vinatier finit en 7ème position à 6 tours, suivi de José Rosinski à plus d’un tour, suite à un arrêt au stand (boite à eau endommagée par frottement sur une poulie).

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José Rosinski finit par accrocher la 8ème place.


Formule 3 :


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Grandsire, une roue dans l'herbe à la lutte avec Offenstadt.

Certains pensent que Moteur Moderne livre pour cette course une toute nouvelle évolution du moteur. Cette version à course raccourcie (55mm au lieu de 61mm) qui permet de faire passer l’alésage à 76 mm, délivrerait une puissance de 90cv. D’autres estiment que Moteur Moderne, n’a pu réaliser cette modification qu’après l’apparition du nouveau vilebrequin (course 55,4 mm) équipant le Gordini (type 58B) du Mans 1965. L’ouverture des archives de Moteur Moderne pourrait sans doute résoudre cette question. La course se décompose en deux manches disputées le matin. C’est dominant que Grandsire (#1754) attaque confiant la finale, mais c’est sans compter sur le retour spectaculaire d’Offenstadt, pourtant parti très loin sur la grille, qui désormais talonne le pilote Alpine. Malheureusement le moteur de sa Cooper, empruntée au belge Frank, cède dans le dernier tour, laissant s’échapper l’Alpine qui franchit victorieusement la ligne d’arrivée.

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José Rosinski (torse nu) saute de joie au passage victorieux de Grandsire bras levés.


- 20 SEPTEMBRE : COUPE DE PARIS : F3

Grandsire (#1754 n° de course 30) 5ème sur la ligne prend la tête dès le départ et ne la quitte plus. Son principal rival au championnat Offenstadt est mal placé sur la grille de départ suite à de gros ennuis mécaniques sur sa voiture.

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Grandsire impérial prend la tête dès le départ.


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Grandsire débarrassé depuis la mi course de la menace de Offenstadt vient de prendre un tour à Leguellec.

- 27 SEPTEMBRE : GRAND PRIX DE L’ILE DE FRANCE : F2/F3

Formule 2 :

Le circuit de Montlhéry accueille les ténors de la F2. José Rosinski (#1751) est à la peine pendant toutes les séances d’essais. Il va même jusqu’à casser son moteur (n°36) le dimanche matin, obligeant les mécaniciens à faire des heures supplémentaires. Lanterne rouge tant au départ qu’en course, peu avant la mi-course son moteur cède à nouveau alors que Jack Brabham l’emporte avec un petit dixième d’avance sur l’étonnant Jackie Stewart.

Formule 3 :


En levée de Grand Prix, les organisateurs accueillent aussi une course de F3. Dans cette perspective, les points attribués pour le championnat vont être doublés. Il est donc vraisemblable qu’ici se joue le titre entre Offenstadt et Grandsire. C’est Mauro Bianchi (#1755) qui réalise la pôle devant un Jaussaud ressuscité alors que Grandsire (#1754) décroche la troisième position sur la 1ère ligne. Offenstadt, 4ème, est à l’affut. Dès le départ Grandsire prend l’ascendant ,suivi comme son ombre par Offenstadt. Au second tour Mauro Bianchi passe Jaussaud pour la troisième place avant de casser son moteur. A l’avant un mano à mano intense oppose les 2 leaders du championnat. Au 10ème tour Offenstadt par en tête à queue au freinage de Faye. Moteur calé, il ne peut redémarrer qu’avec l’aide des spectateurs. Il sera disqualifié pour cette poussette interdite, alors que Grandsire passe la ligne en vainqueur devant Adrian Chambers et Jean-Pierre Jaussaud. C’est fait : Grandsire et Alpine remporte le championnat F3. Formidable performance, grâce au travail acharné de Moteur Moderne qui désormais tire plus de 100 cv du moteur de R8 de 44 cv d’origine.

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C'est fait Grandsire en remportant cette épreuve devient champion de France de F3!


- 4 OCTOBRE INSBRÜCK : F3

Mauro Bianchi a fait le déplacement dans les Alpes autrichiennes, sans doute pour tenter d’engranger des points dans le cadre du championnat de Belgique. Afin de mettre tous les atouts de son côté, Alpine a installé le performant moteur de Grandsire (désormais définitivement champion de France) dans la monoplace n°1 (#1755). Brisant la fusée avant gauche de sa voiture, il est contraint à l’abandon.


- 4 OCTOBRE : LES COUPES DU SALON : F3

Un soleil radieux illumine le circuit de Montlhéry pour cette course de F3. Avec quelques voitures immobilisées, moteur calé au baissé de drapeau, le départ de cette course est pour le moins tumultueux. Grandsire (#1754) parti de la 3ème ligne, pointe en 5ème position avant d’abandonner au 4ème tour (pipe d’admission dessoudée). Offenstadt met un point d’honneur à remporter cette ultime épreuve sur sa Cooper à moteur Ford.

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F. Lhermoyé, B. Boyer et G. Harivel entourent Henri Grandsire au volant de sa monoplace.


Championnat en poche, Alpine peut désormais plus facilement se lancer dans la commercialisation de sa F3. Ainsi dès le Salon de Paris et de l’enfance les clients peuvent passer commande. Exposée pour l’occasion, 1752 a subi un lifting intégral (châssis et carrosserie repeints). Selon l’équipement le prix varie de 20 000 à 23 000 frs pour une livraison prévue début mars. Le sport est à l’honneur également chez Renault avec la présentation de la R8 Gordini qui va marquer l’esprit de toute une génération.


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Stand Alpine au Salon de l'Auto 1964

Le 18 novembre, après une remise en état, 1755 est conviée pour la finale du volant Shell.

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De G.à D. Jean Rédélé, B.Boyer, J.P.Jaussaud(volant Schell1963), A.Bernard(vice-président Shell) encadre Roby Weber le lauréat 64 au volant de 1755

Pour résumer la saison de courses 1964 quoi de mieux qu'un petit récapitulatif

 

 

Par Pilote:

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Par ordre chronologique :

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Par châssis :

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En bonus, le réglement complet de la F3:

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L'Equipe Alpine-Passion.Com

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