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Jean Rédélé, la 4CV, la course (saison1955, suite et fin)

 

L’année 1955 va être celle de tous les bouleversements pour le pilote Jean Rédélé. La mort de Pierre Lefaucheux directeur général de Renault, l’arrivée du Coach Alpine, les changements de réglementations, l’abandon de la 1063 en compétition au profit de la Dauphine, le drame des 24H du Mans, autant d’évènements qui vont secouer le paysage sportif autour de Jean Rédélé. Progressivement, le pilote va laisser la place au constructeur. Hasard ou coïncidence, toujours est-il qu’il dépose définitivement son casque alors que sa course fétiche vit son ultime arrivée…

 



Jean Rédélé, la 4CV, la course (saison1955 et fin)

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Saison 1955

L’année 1955 va être celle de tous les changements, tous les bouleversements. Après les modifications du règlement de certaines grandes épreuves telles le RMC ou les Mille Milles, peu favorables aux petites cylindrées d’origine, un certain nombre de coups du sort vont bouleverser le paysage sportif autour de Jean Rédélé. L’accident fatal de Pierre Lefaucheux directeur général de la Régie, loin de déstabiliser l’entreprise va, avec l’arrivée de Pierre Dreyfus, quelque peu changer la donne. Le drame des 24H du Mans et la suspension de toute épreuve sportive sur le territoire national aura de nombreuses répercussions dans le monde automobile. Au R.M.C. qui marque le début de saison, l’absence remarquée des 4CV officielles est essentiellement due à la suppression de la catégorie moins de 750 cm3. Obligée de concourir contre des voitures bien plus puissantes, la Régie estime n’avoir d’une part, plus rien à prouver et, d’autre part, tout à perdre. Quelques jours après cette épreuve, le 11 février, Pierre Lefaucheux se tue à bord de sa Frégate en dérapant sur une plaque de verglas. Dans cette situation difficile, Pierre Dreyfus vice président assure l’intérim dans un contexte politique pour le moins quelque peu flou. Il faut attendre le 13 mars pour voir Jean Rédélé à nouveau derrière un volant officiel.

13 mars 1955 : 12H de Sébring

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de G.à D. François Landon, Lamaison, Louis Pons, Robert Manzon au volant, Jean Rédélé, Jean Hebert.

Ce 5ème grand prix d’endurance, l’équivalent aux Etats Unis des 24h du Mans, marque, pour la première fois sur le nouveau continent, l’entrée en scène de 1063 officielles. François Landon a particulièrement soigné la préparation de deux voitures (n° 86 et 87) auxquelles il faut rajouter la n°88 (une 1062 modifiée en 1063 par le concessionnaire Renault de la Nouvelle Orléans). Même s’il s’agit aux yeux des dirigeants de la Régie d’une approche avant tout publicitaire, rien n’a été, sur le plan sportif, laissé au hasard. Le tandem expérimenté Manzon/Hébert est épaulé par l’équipage de pointe de Renault : Rédélé/Pons. Pourtant ces derniers n’avaient pas, il y a 6 mois, les faveurs de certains membres de la direction estimant que ces deux concessionnaires devraient plutôt consacrer  leur énergie à vendre des Renault ! Mais Pierre Dreyfus souhaite mettre toutes les chances de son côté, sans doute pour promouvoir à travers l’export un nouvel axe à l’entreprise. Situé au centre de la Floride, ce circuit utilise la piste désaffectée d’un aérodrome. Le tracé de 8.300 mètres (2/3 en béton et 1/3 en pavés) est composé de trois lignes droites. La veille du départ les organisateurs imposent le montage de ceintures de sécurité sur tous les véhicules, créant la panique chez les mécaniciens des différentes équipes. Le lendemain matin tout le monde est prêt pour le départ qui est donné à 10h, sauf Manzon malade. Landon décide alors de dédoubler l’équipage Rédélé/Pons. Chacun va partir sur une 1063. Au départ une Ferrari éclate son réservoir d’essence inondant la piste dans le premier virage. De retour pour le second tour, Jean Rédélé, talonné par Louis Pons à bord de la seconde 4cv, perd le contrôle de sa 1063 dans ce virage sous les yeux médusés de son ami. Après une série de têtes à queues, la 1063 passe sur le toit. Heureusement son pilote, sans doute quelque peu protégé par sa ceinture de sécurité, s’en tire sans dommage. Se sentant en pleine forme il refuse de monter dans l’ambulance venue à son secours. Bien lui en a pris, car en quittant la piste cette dernière est percutée par un concurrent et prend feu!



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Ce qu'il reste de la 4CV n°86 de Jean Rédélé après sa sortie de piste: impressionnant!

Pendant tout ce temps Pons, rassuré par la présence en bord de piste de son ami, tourne comme une horloge. Au bout de 5 heures de course et 56 tours parcourus, la 1063 n°87 domine sa catégorie, à plus de 95 km/h de moyenne. Bien soutenu par son coéquipier Hébert, Louis Pons entame la dernière heure de course avec optimiste, lorsqu’après le 122ème tour il rentre à l’agonie au stand. Son moteur rend l’âme, malgré toute l’énergie déployée par les mécaniciens, il ne parviendra pas à reprendre la piste : dommage si près du but !

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Pons sur la n°87 tourne comme une horloge

Heureusement l’honneur est sauf grâce à la victoire en moins de 750cm3 de la 3ème 4CV pilotée par Miller/Robertson. Pour la première fois la Régie inscrit son nom au palmarès de cette prestigieuse épreuve, elle peut aussi se réjouir de la nette domination de la n°87 pendant presque toute la course, sur la nouvelle Ford Thunderbird affichant une puissance bien supérieure de 193cv SAE. Quant à Jean Rédélé, pour son ultime course en 1063, il en a été quitte pour une belle frayeur. A sa décharge en plus d’une piste glissante à cet endroit, sa pirouette a sans doute été déclenchée en partie, à la suite d’une erreur de conversion lors de la lecture de la pression des pneumatiques de sa voiture sur des manomètres américains.

30 Avril et 1er Mai 1955 : XXIIème Mille Milles

Le nouveau règlement étant défavorable aux petites cylindrées, Renault décide de ne pas s’engager officiellement mais souhaite aider techniquement quelques initiatives privées, afin de s’approprier une éventuelle victoire. Ainsi, Galtier sur la Rédélé Spéciale (cf. notre article elles auraient pu s’appeler Alpine), Guarnieri sur 1063, Lacaze sur Tank, Lucas sur DB-Renault et Jean Rédélé sur 4CV Alpine vont bénéficier de ce soutien. Toute première participation, qui plus est dans une grande épreuve sportive, pour cette Alpine qui vient d’être homologuée par le bureau d’étude de la Régie. Avec cet important soutien, Jean Rédélé a mis toutes les chances de son côté pour réussir le lancement commercial de son coach, il ne lui reste plus qu’à renouer avec la victoire dans une catégorie forte de 102 inscriptions. Cette année, compte tenu du nombre important d’engagements, les organisateurs ont décidé de faire partir toutes les 30 secondes la catégorie 750cm3 de Tourisme de Série Spéciale jusqu’au numéro 99. Ainsi la 4CV Alpine de Rédélé/Pons n°84 prend le départ à 21h47’30’’, alors que la Rédélé Spéciale de Galtier/Michy n° 93 s’élance à 21h52.

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Gatier/Michy au départ

Après 300 kilomètres parcourus, au contrôle de Ravenne, Michy passe en tête, à plus de 123km/h de moyenne, avant de céder le volant à Galtier, alors que Rédélé arrive second deux minutes plus tard. A Pescara, après 630 kilomètres et 5h 06’39’’de course, Galtier accroît l’avance pour la porter à 11’36’’ sur son poursuivant direct Dewez, alors que la n°84 cède du terrain en prenant la troisième position à 14’51 du leader. A Rome, même si la moyenne a chuté après la traversée des Apennins pour passer à 115km/h, la 93  continue à creuser l’écart sur la Panhard de Dewez. Désormais près de 20 minutes les séparent, alors que la 84 au prix d’un gros effort se rapproche à une minute de cette dernière. A Florence, Galtier/Michy passe toujours en tête, mais Rédélé/Pons après avoir distancé de 2’24’’Dewez comblent une partie de leur retard pour revenir à 16’11’’. A Bologne la lutte pour la seconde place s’intensifie, Dewez redouble Rédélé en proie à des problèmes de freins et passe avec 3 minutes d’avance au contrôle. Dans la dernière partie ultra rapide, il est contraint à l’abandon et l’équipage Rédélé/Pons peut enfin souffler et se laisser glisser pour finir second derrière Galtier/Michy.

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La N° 84 de Rédélé/Pons franchit la ligne en seconde position

Pour Renault le succès est total et il sera dignement fêté dès le retour des vainqueurs. Jean Rédélé va, quant à lui, pouvoir utiliser commercialement cette exceptionnelle performance pour le lancement de cette Escoffier/Rédélé. Sans doute savoure-t-il intérieurement le pied de nez qu’il vient de faire, en se classant seulement deuxième derrière une ex Rédélé Spéciale, à son beau-père …  

21 et 22 Mai 1955 : VIème Rallye de Dieppe

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Jean Rédélé ressort sa R.S.R.

Pour cette sixième édition, le niveau est particulièrement relevé, avec notamment la présence sur Porsche de Storez, le récent vainqueur des Mille Milles. La catégorie moins de 750cm3 est très fournie avec la présence de nombreuses 1063 et même celle de la Ferry. Aucune 4CV Alpine n’est au départ, pas même celle des Ets Escoffier qui vient pourtant de prendre la seconde place aux Mille Milles! Son pilote, Jean Rédélé, a préféré ressortir pour l’occasion celle qui aurait pu devenir la première Alpine : R.S.R. (cf. notre étude). Depuis sa dernière victoire scratch à la Coupe de Lisbonne du 26 juillet 1953, elle sommeille au fond de son garage, prête à ressurgir. Sans doute libéré de toute contrainte depuis la présentation officielle de la Dauphine à la proue si similaire, Jean Rédélé imagine réaliser une belle performance à son bord, pour mieux s’en séparer par la suite. Une spéciale, particulièrement spectaculaire tant pour le public que pour les pilotes, consiste à parcourir 5 tours d’un circuit de 1900 mètres tracé en ville. En bonus, le lendemain, 24 voitures sont sélectionnées pour une course hors rallye sur ce même circuit. Disputée en deux manches éliminatoires de 15 tours, suivie d’une finale de 25 tours devant un nombreux public, cette épreuve consacre un Storez  impérial tout au long de ce beau week-end. Lors de ce rallye en catégorie 750 cm3, le moteur de la 4CV surpasse largement la concurrence avec la victoire d’Escoffier (22ème scratch sur 4CV 1063 n°25 et) devant Jean Rédélé (23ème scratch sur R.S.R n°72).


10 juillet 1955: IXème Coupe d’Or des Dolomites

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L'affiche de la course

A la suite du drame des 24H du Mans, le gouvernement français décide de suspendre toute compétition automobile sur le territoire. Ainsi, Renault qui avait préparé des voitures pour la Coupe des Alpes et le Tour de France Auto, décide de se rabattre sur des épreuves disputées à l’étranger. Profitant de cette période troublée, la Régie engage deux 1063 (selon les écrits de François Rivage) quelque peu spéciales à la Coupe des Dolomites. En catimini, ces deux voitures vont être équipées pour la première fois du tout nouveau moteur de 845 cm3 amélioré à la sauce 1063 et être engagées sous la référence Renault R847 (dans la classe S1.1 ?). Ce premier test grandeur nature préfigure la volonté du remplacement en compétition de la 4CV par la future nouvelle 5CV. Même François Rivage, dans son ouvrage La Saga Sportive de la 4CV, n’a pas réussi à identifier ni ces deux voitures ni leurs équipages. Quant à Guy Michel, il engage sa BMS (n°89) dans le groupe S (Sport) et dans la plus petite classe regroupant toutes les cylindrées jusqu’à 1100cm3 (S1.1) sous la même référence Renault R847! L’équipe Michel/Robinet qui utilise un moteur de 4CV réalésé (peut-être à 845cm3 ?), finira 3ème de cette classe malgré une voiture cabossée à l’avant droit. Dans la classe S750, Guanieri concessionnaire Renault (4CV n°61) ainsi que Galtier (4CV ? n°51) ne parviendront pas à franchir la ligne d’arrivée. Si certains précisent que Jean Rédélé et Louis Pons s’engagent avec un coach Alpine, tous s’accordent à affirmer qu’ils finissent seconds de la classe S1.1 et 22ème scratch. L’extrait du rapport du Comité Directeur Renault du 11 juillet apporte certains autres éclairages."... Monsieur Picard signale qu’au Rallye des Dolomites, un moteur 850cm3 a eu une panne de carburateur. L’autre a été classé deuxième de sa catégorie.". On peut donc conclure qu’un moteur 5CV finit second de la catégorie moins de 1100cm3. La publication par certains des résultats laisse apparaître, que la R847 n°92  finit seconde dans la classe S1.1, que la R847 n°89 finit troisième et que la R847 n°86 abandonne… Dans la classe S750 c’est la Stanguellini (n°58) de Luigi Zannini qui l’emporte devant celle de Sesto Leonardi (n°62). Ainsi nous sommes en droit de nous poser un certain nombre d’interrogations, d’autant plus qu’il est peu probable qu’une Alpine soit équipée par la Régie d’un moteur de 5cv (cf. notre article elle aurait pu s’appeler Alpine 2ème partie : l’affaire Galtier), quoique... Troublés par tous ces éléments, et faute de photographies de l’équipage Rédélé/Pons, nous préférons ne pas donner notre sentiment sur une question qu’il semble que nous soyons les seuls à nous poser.


17 au 21 Aout 1955: Liège Rome Liège

Ce n’est pas moins de 117 équipages qui prennent le départ pour cette épreuve d’une extrême difficulté. Pour la seconde fois Renault équipe d’autant plus volontiers deux 1063 du moteur 845cm3 de la future 5CV que la classe moins de 750cm3 est supprimée. Mais Landon peut également compter sur les 4CV privées dont celle de Féret/Monraisse, particulièrement affutée grâce à son moteur Ferry de 904cm3. L’équipage Rédélé/Pons espère rééditer sa performance de l’an dernier et apporter une première victoire au coach Alpine (n°116). Malheureusement après seulement 300 kilomètres, ils sont contraints à l’abandon suite à une rupture d’embrayage. Les DKW, adversaires principales des Renault, sont battues par Féret/Monraisse qui signent leur première grande victoire devançant la 4CV officielle à moteur 5CV de Condrillier/Hébert. Joli doublé pour la Régie.

11 et 12 novembre 1955 : VIIème tour de Belgique

C’est sous la pression de ses concessionnaires locaux que Renault accepte finalement à s’engager au 7ème tour de Belgique afin de défendre les couleurs de l’entreprise dans la Coupe des Marques. La Régie prépare trois voitures : deux 4CV 1063 confiées à Gilberte Thirion/Lise Renaud, Condrillier/Daniel et une 4CV Alpine pour Rédélé/Pons. Parmi la pléiade de 4CV privées engagées notons la présence de l’équipage Plisson/Vinatier, ce dernier va, à cette occasion, rencontrer pour la première fois Jean Rédélé. De cette rencontre va naître une longue coopération. Louis Pons, forfait au dernier moment, Rédélé refuse de prendre le départ avec un autre équipier. Ainsi contrairement à une idée répandue, cette course ne fait pas partie de son palmarès. La confusion est sans doute née du fait qu’in extrémiste la 4CV Alpine est confiée à son beau-frère Escoffier accompagné par Dumazer. Ces derniers, après un début de course rendu difficile par des conditions climatiques rudes, abandonnent sur sortie de route dès la première épreuve spéciale.


Saison 1956

Pour Renault c’est l’année du changement, toute l’énergie de l’entreprise est concentrée pour le lancement de la Dauphine. Idéalement située à mi-chemin entre la petite puce et la grosse berline qu’est la Frégate, de sa réussite commerciale dépend une grande partie du développement commercial de la Régie. Quant à Alpine, après les premières ventes par "relation", il s’agit désormais de réussir la poursuite de cette aventure en faisant connaître au plus grand nombre ce petit Coach. Alpine disposant de très peu de moyens financiers, ne peut s’appuyer que sur de bons résultats sportifs pour en faire la promotion, tout en prenant garde de ne pas faire trop d’ombre à la Dauphine… Cette dernière après avoir été présentée courant janvier en Corse à la presse, fait son entrée officielle en mars au salon de Genève et va remplacer en compétition la 1063. Ainsi, subtilement le pilote Jean Rédélé va se faire plus rare, tout en encourageant ses clients à engager leurs Alpine dans le plus grand nombre de compétitions. Le constructeur Jean Rédélé, quant à lui cherche déjà à étendre sa gamme en lorgnant sur une certaine étude de Michelotti pour Renault.

28 et 29 Avril 1956: XXIIIème Mille Milles

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l'équipe Renault au grand complet: de G.à D. Paul Frère, Jean Rédélé, Gilberte Thirion, Maurice Trintignant et Louis Rosier

Fortement dépendant de Renault, tant pour la fourniture de plate-forme et de mécanique pour son coach, que pour le soutien logistique du service compétition, Jean Rédélé, associé à son ami Louis Pons (considéré comme l’équipage de pointe de la Régie), n’hésite pas à accepter de défendre les couleurs de la Dauphine aux Mille Milles! En effet Renault a choisi cette épreuve pour son lancement dans la compétition. Cinq Dauphine sont officiellement engagées et confiées aux mains expertes de Gilberte Thirion, Jean Rédélé, et trois pilotes de F1 (Paul Frère, Maurice Trintignant, Louis Rosier). Bizarrerie, ou juste retour d’ascenseur… en plus de ces cinq voitures, Henri Fretet, le mécanicien en chef du service compétition Renault, a également tout particulièrement préparé le Coach Alpine des Ets Escoffier (boite5 et moteur 1063) qui sera confié à Michy (n°7) !!! A cette Alpine officielle, il faut rajouter la participation de trois autres coaches privés (Vinatier n°16, Paletti/Ferrier n°17, Persoglio/Persoglio n°22). Si Jean Rédélé est contraint à l’abandon sur rupture du joint de culasse, le succès semble total dans le camp Renault avec 4 Dauphine, certes devancées par un certain Manzon, aux 5 premières places de la catégorie Tourisme de Série Spéciale de 750 à 1000cm3.

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Manzon/Borsa sur Coach DB remporte la classe devant les 4 Dauphine contrairement aux écrits même d'époque!

François Landon doit se mordre les doigts d’avoir "oublié" de prévenir ce dernier de sa non sélection dans l’équipe Renault. Cette attitude désinvolte (mais sans doute calculée) a eu pour effet de faire sortir de ses gonds Manzon. Malgré un délai extrêmement court, il part à la concurrence chez DB, non sans faire savoir qu’il va tout mettre en œuvre pour faire barrage à une éventuelle victoire de la Dauphine. Cerise sur le gâteau, il gagnera même l’indice de performance malgré un embrayage hors service depuis la mi-parcours! Amusé par cette situation, Jean Rédélé, qui vient de piloter pour la dernière fois une Renault d’usine, a de quoi se réjouir que l’Alpine officielle de Michy remporte haut la main la catégorie 750cm3 de Série Spéciale et GT et apporte ainsi la seule victoire à Renault.

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Michy franchit la ligne d'arrivée en vaiqueur après 14h34mn55'' de course

Michy réalise une véritable performance lors de ces Mille Milles en plaçant ce petit Coach de 747cm3 à la 55ème place au classement scratch, juste devant le coach DB de Manzon à 1mn39''. Il démontre la supériorité de l'Alpine sur son principal rival commercial, mais il éclabousse aussi la concurrence en reléguant l'Osca de Attilio Brandi (vainqueur de la classe de 1100 à 1300cm3) à plus de 13mn47''!!!

17 au 23 septembre 1956 : tour de France

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Rédélé/Pons sur la ligne de départ

Après une année d’interruption, le Tour de France prend son envol de Nice pour rejoindre la capitale. Les 103 concurrents vont en découdre à travers trois étapes pour un total de 5383 kilomètres parsemés de 6 épreuves spéciales et 2 courses de côtes. La Régie, qui a engagé officiellement trois Dauphine qui seront épaulées par six autres aux mains de pilotes privés, espère un bon résultat de sa nouvelle voiture. Si quelques 1063 sont encore au rendez vous, les coaches Alpine sont venus en force. Jean Rédélé, accompagné de son fidèle copilote Louis Pons, vise l’indice de performance à bord de son coach (9560FG75 n°125), ils seront soutenus par, Delaboudinière/Tavano (240CG72 n°124), Gaume/Bagourd (n°123), Chauvin (n°126) et Vinatier/Baldenweg (5283EV75 n°132)…

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Jean Vinatier prêt à s'élancer

Après avoir franchi le Mont Ventoux, la première étape fait une escale à Saint Gaudens pour une épreuve de vitesse. Sur le circuit de Comminges, c’est Pons qui s’élance pour 5 tours chronométrés. Dès le 2ème tour notre homme a pris, dans sa série, la mesure de tous ses adversaires lorsque qu’une roue à étoile se brise. La voiture sort instantanément de la piste et part violemment en tonneau. Rapidement évacué à l’hôpital, Louis Pons souffre d’une fracture du bassin et de quelques côtes cassées. A la suite de ce grave accident et sous l’insistance de son épouse, il décide de mettre fin à sa carrière de pilote. Désormais il va recentrer son activité sur la gestion de la station 102 qui monte, entre autre, les boîtes 5 vitesses et sur celle de sa concession d’Etampes.

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Il ne reste pas grand chose de la N°125 après les tonneaux effectués par Pons!

La "poisse" se perpétue dans le camp Alpine. Après l’abandon dans la course de côte de Peyresourde de Delaboudinière/Tavano sur ennuis mécaniques, c’est Baldenweg, en difficulté depuis le départ pour passer aisément les vitesses de la boîte 5, qui finit par envoyer du côté de Ribeyrac le coach n°132 en marche arrière dans un arbre! Aucun moteur 747cm3 ne franchit la ligne d’arrivée. Quant aux trois Dauphine officielles, dominées par les DB-Panhard, elles ne peuvent s’enorgueillir que de réussir à passer la ligne d’arrivée intactes, en 24, 25 et 26ème position scratch.

 

 

 

Saison57

11et 12 Mai 1957 : XXIVème Mille Milles

Sans doute, parmi les participants, personne n’imagine qu’il s’agit de la dernière édition de la plus célèbre et plus exigeante course sur route du monde. Depuis l’année dernière, les concurrents ont la possibilité de courir seul à bord de leur machine. Il semble que Jean Rédélé, suite à la décision de Louis Pons d’arrêter toute participation sportive depuis son accident au T.D.F.56, a choisi de partir seul à bord de son coach Alpine. Engagé en catégorie Sport sous le numéro 39, il va avoir fort à faire face aux nombreuses et performantes Osca. Trahi par sa mécanique, il est contraint après 7h de course à l’abandon sur rupture du joint de culasse. Après une longue carrière qui a débutée au début de la décennie, il met fin en toute discrétion à sa carrière de pilote de course.



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les chronomètres de Jean Rédélé

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Jean Rédélé pose définitivement son casque après les Mille Milles.

 

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